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17 novembre 2017

Πιστεύω : Croire / Πίστις : la foi

Classé dans : — evangilegrec @ 15 h 08 min

Πιστεύω : Croire /  Πίστις : la foi 

Πιστός, ή, όν : fidèle (désigne celui qui compte sur quelqu’un

ou celui sur qui on peut compter, d’où l’autre sens : sûr) .

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1. Πιστεύω : Croire 

En hébreu,  le verbe ᾽AMAN  signifie croire il a été traduit dans la Septante par Πιστεύω.

De la même racine : AMEN .

On a le verbe credere, croire, dans la Vulgate.

Les traductions françaises utilisent des termes parfois variés pour traduire Πιστεύω, ou l’hébreu ᾽AMAN.

Il est parfois difficile de rendre tout le poids du mot hébreu et du mot grec en français.

Des termes proches comme « s’en remettre à quelqu’un », «  compter sur quelqu’un »

ou encore « attendre quelque chose de quelqu’un »

sont des variantes qu’on trouve dans les différentes traductions françaises.

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2. Πίστις : étymologie et emplois: 

Πίστις qualifie ce qui est digne de confiance, de créance, de crédit.

La Vulgate utilise le mot fides.

Πίστις est un nom d’action construit sur une racine

qui exprime la notion de confiance et de fidélité,

la confiance peut être celle que l’on inspire,

ou inversement celle que l’on accorde.

Il y a une notion de réciprocité.

Le terme de « confiance », Πίστις apparaît dès l’époque archaïque,

par exemple chez Hésiode.

Au VIè siècle av. J.-C., le poète Théognis fait de Pistis une divinité

au même titre que la Tempérance et les Grâces.

Elle représente alors la Bonne Foi.

Dans les textes classiques grecs où il est question du commerce,

pistis, peut signifier « assurance » « gage »,

et où il s’agit d’argumentation, les « arguments » , « les preuves ».

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3. Emplois de  Πιστεύω :

Le sens du verbe dépend de sa construction dans la phrase :

Exemple : 

Ἔλεγεν οὖν ὁ Ἰησοῦς πρὸς τοὺς πεπιστευκότας αὐτῷ Ἰουδαίους,

Jésus, disait donc aux Juifs qui avaient cru en lui :

Ἐὰν ὑμεῖς μείνητε ἐν τῷ λόγῳ τῷ ἐμῷ,

Si vous, vous  demeurez dans ma parole,

ἀληθῶς μαθηταί μου ἐστέ,

véritablement vous êtes mes disciples ;

(Jn 8,31)

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 πεπιστευκότας :  participe parfait , acc. pl. de πιστεύω
πιστεύω + datif : croire en, se confier à, se fier à 
Nuance différente dans  : 
πιστεύω +εἰς + accusatif : croire à la réalité de…
(cf.BAILLY, Hachette 2000, p. 1560)
 La traduction tient compte aussi du complément :
  • donner sa foi à quelqu’un en général
  • croire en Dieu
  • confier une chose à quelqu’un (quand + accusatif + datif)

Donc dans les évangiles, on peut trouver  :

Πιστεύω + εἰς + accusatif : construction intransitive qui signifie « croire en »,

dans le sens de « croire en la réalité de »

et :

Πιστεύω + datif : croire à, plus dans le sens de « faire confiance à », 

on trouve aussi « croire que »…+ ὅτι (sens différent)

Déjà dans  la littérature classique, les deux constructions existaient :

Platon emploie souvent Πιστεύω + εἰς + accusatif.

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4. Πιστεύω ou Amen : 

Le Nouveau Testament a gardé le terme hébreu amen,

dans une simple transcription phonétique :   Ἀμὴν sans le traduire, en grec.

il a le même poids de sens que Πιστεύω (pisteuo).

A la fin d’une prière Ἀμὴν, amen dit

qu’ « en toute confiance, on fait de ce qui est dit » ,

que c’est « quelque chose qui nous appartient solidement ».

Γένοιτο (genoito) optatif aoriste de γίγνομαι (gignomai) « que cela advienne »

est souvent employé dans la Septante pour traduire Amen.

(Dieu a une parole qui est aussi action : il dit et cela est cf. la Genèse).

Ce verbe est l’équivalent d’ « Ainsi soit-il » de la liturgie.

Aujourd’hui, on lui préfère « amen », également dans la liturgie.

Dans le Nouveau Testament, Jésus lui-même dit « amen amen »

(redoublé dans l’évangile de Jean).

Par exemple :

Ἀμὴν ἀμὴν λέγω ὑμῖν

Amen, amen, je vous (le) dis

(Jn 8,51)

Dans la bouche de Jésus Ἀμὴν « amen » sert toujours à introduire un discours :

« amen amen je vous le dis » , et cet usage lui est réservé.

(Mt: 30 fois) (Jn : 25 fois).

Dans les autres livres du Nouveau Testament,

amen équivaut à une une réponse, à une acclamation, ou à une approbation,

c’est un terme de conclusion par exemple, chez Paul.

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5. Πιστεύω et son équivalent latin credere : 

Le latin dans la Vulgata Clementina♦ emploie credere là où l’on a :

πιστεύω  :

Ταῦτα αὐτοῦ λαλοῦντος πολλοὶ ἐπίστευσαν εἰς αὐτόν.

Comme Jésus disait ces choses plusieurs crurent en lui.

Hæc illo loquente, multi crediderunt in eum

(Jn 8,30)

Comparez à :

Ἔλεγεν οὖν ὁ Ἰησοῦς πρὸς τοὺς πεπιστευκότας αὐτῷ Ἰουδαίους,…

Dicebat ergo Jesus ad eos, qui crediderunt ei, Judæos…

Jésus disait aux juifs qui avaient cru en lui…

(Jn 8,31)

(Notez que le français emploie indifféremment « en » dans les deux cas.)

Plus loin :

(Jn 8,42) : l’irréel du présent dans :

Εἰ ὁ θεὸς πατὴρ ὑμῶν ἦν, ἠγαπᾶτε ἂν ἐμέ

Si Deus pater vester esset, diligeretis utique et me…

« si Dieu était votre père » …

montre que la foi en Dieu le Père n’existe pas chez eux, pour Jésus.

Peut-être est-ce ce qui explique l’emploi de Πιστεύω + datif en Jn 8,31,

et non Πιστεύω + εἰς, comme au verset 30.

 

Donc on retrouve la même nuance de sens

suivant la construction syntaxique du verbe en grec et en latin.

(Plus tard, le Credo retient cette construction : credere in)

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6. Πιστεύω : le poids du mot. 

Le verbe Πιστεύω et le substantif Πίστις se rencontrent plus de 50 fois chez les synoptiques,

à peu près à parts égales, et sans différence notable de sens.

Le verbe Πιστεύω dans son contexte montre que la confiance en Jésus conduit au Salut.

Si l’on prend l’exemple de Matthieu 9,22  :

Jésus parle à la femme malade qui a touché son vêtement :

ἡ πίστις σου σέσωκέν σε.

« ta foi t’as sauvée »,

elle signifie à la fois « ta confiance,

à toi qui était malade, envers celui qui soigne,

était nécessaire pour ta guérison,

et en même temps cette confiance te sauve » .

Dans ce passage, l’emploi du mot πίστις pour dire  la foi en Jésus,

souligne ainsi que la confiance en la vie va de pair avec

la confiance en Jésus.

Ici, la femme était exclue de la société, car considérée comme impure,

et elle revient à la vie, réintégrée dans la société humaine.

Mais il faut que Jésus passe par la mort et la résurrection pour que le Salut

révèle son sens plein :

c’est la foi en Jésus-Christ ressuscité qui sauve les hommes de la mort.

Jean se sert 86 fois du verbe Πιστεύω, mais jamais du substantif.

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La confiance est liée à l’amour et à l’espérance :

(une des trois vertus théologales depuis saint Paul et les Pères de l’Eglise).

Paul rappelle les trois dimensions essentielles que sont :

 la confiance (Πίστις, pistis) qui donne la vie.

l’amour (ἀγάπη, agapè) active,

et l’espérance (ἐλπίς, elpis) durable.

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BIBLIOGRAPHIE :

J.-P. PREVOST Nouveau Vocabulaire biblique (Paris, Bayard, 2004)

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Note :

♦1590-1592

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