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5 juin 2020

συναγωγή (sunagoguè) assemblée, lieu de prière

Classé dans : — evangilegrec @ 14 h 35 min

« Ils occupent les premières places dans les synagogues »

 

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Dans ce passage de Marc,

Jésus parle de la synagogue comme lieu (la construction).

Faisons un retour sur l’emploi de ce mot dans le Nouveau Testament,

pour comprendre les différentes réalités qu’il recouvre :

 

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L’origine du mot : 

συναγωγή, l’assemblée, du verbe συνάγω, rassembler

En grec classique, συναγωγή désigne une assemblée, un rassemblement sans autre particularité.

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Le synonyme, ekklesia, assemblée, a un sens plus politique

en tant qu’assemblée du peuple « appelée » (pour quelque chose, un vote…)

Dans ekklesia, on reconnaît le verbe kaléô, appeler.

C ‘est l’assemblée des citoyens libres, à Athènes,

mais le terme existait déjà chez Homère pour désigner une assemblée convoquée.

C’est ce terme qui a été choisi ensuite pour désigner l’assemblée des chrétiens,

alors que le terme ekklésia est rare dans les évangiles, où l’on trouve plus souvent συναγωγή synagoguè ;

en revanche, il est fréquent dans les Actes, dans l’Apocalypse et dans les écrits de Paul

(bien plus que συναγωγή synagogè).

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Rassemblement, lieu du rassemblement, ou institution ?

Dans le NT, συναγωγή désigne  toujours le rassemblement,

ou comme dans le passage cité de Marc le lieu du rassemblement

_il n’a désigné une institution que tardivement, malgré quelques occurrences.

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Jésus et ses disciples se rendaient à la synagogue, (συναγωγή, comme lieu)

Les synagogues étaient très nombreuses : à Jérusalem, il y en avait plusieurs,

il y en avait une dans chaque village…

c’est le lieu de prière des juifs.

On a quelques occurrences où l’évangéliste met dans la bouche de Jésus :

 » leur »  dans « leur synagogue », marquant une distanciation,

et renvoyant de ce fait à une institution, ou du moins à une assemblée différente

de celle que lui et ses disciples fréquentent.

Si le terme ekklesia a d’abord désigné l’assemblée elle-même puis l’institution,

il en est de même du vocable συναγωγή (synagôgè).

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Dans la Septante,

le terme συναγωγή (synagôgè) est utilisé pour traduire l’hébreu ῾èdah , le rassemblement,

alors que le mot qahal  est plutôt traduit par ekklèsia: l’assemblée appelée.

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Le substantif συναγωγή (synagôgè) apparaît 51 fois chez les Synoptiques, et dans les Actes

et 5 fois dans le reste du NT.

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Le substantif se décompose ainsi :

ἀγω (agô) mener  et συν (sun)  avec, ensemble,

traduit par « rassemblement »,

puis « synagogue », par simple transcription.

En temps que rassemblement du peuple, suivant l’étymologie,

la synagogue, désigne toute la communauté d’Israël

(Israël en tant que rassemblement pour célébrer Dieu)

et par conséquent, les communautés particulières.

Par métonymie, comme ensuite ce fut le cas pour le mot église/Eglise (ekklesia),

συναγωγή (synagôgè) désigne la communauté (Mt 4,23; 9,35)

ou le lieu même de son rasssemblement (Mc 1,21.29 ; 12,39). ..

On se rassemble pour lire la Torah, recevoir un enseignement… (Mt 4,23)

Nous verrons plus loin les différentes fonctions de la synagogue.

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Autres sources:

Flavius Josèphe parle de la Synagogue dans les Antiquités Juives.

Les premiers témoignages sur l’existence des synagogues

remontent au troisième siècle avant notre ère

pour la Diaspora,

et au premier siècle pour la Palestine.

En Palestine, on utilise le mot συναγωγή, synagogue,

Alors que dans la Diaspora, on utilise le mot προσεύχη, (proseuchè)

qui signifie « prière » ou « lieu de prières ».

Les témoignages dans l’ Antiquité parle de nombreuses synagogues.

A l’époque du second temple, chaque cité avait la sienne.

Voir les témoignages dans l’Antiquité :

Philon d’Alexandrie  : »synagogues très nombreuses dans chaque quartier d’Alexandrie ».

et Juvénal  qui en signale une à Rome.

Les plus petits villages avaient leur lieu de prière.

Voir Ac.2,6 :

«certains de la synagogue dite des Affranchis [...] entrèrent en discussion avec Étienne. »

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Les fonctions de la synagogue :

Chacun pouvait y présider à la prière, la lecture ou le prêche.

Jésus et Paul furent invités à lire et à prendre la parole dans les synagogues.

Luc 4,16–20; Ac. 13,14–41

Le chef de la synagogue (archisunagogos) avait la charge du fonctionnement général de l’ ensemble,

il veillait au bon déroulement du culte et désignait celui qui devait présider à la prière.

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On rassemblait aussi des biens à la synagogue, pour les redistribuer aux pauvres.

Voir Matthieu 6,2. » le panier pour les pauvres »

Voir Ac 2, 6,1–7;

et le passage de Marc chapitre 12 : Jésus s’installe devant « le trésor » pour observer.

En effet, la synagogue pouvait aussi recueillir des fonds destinés au Temple,

l’argent était transféré à Jérusalem.

Les synagogues, lieux d’enseignement, pouvaient aussi être un lieu d’hébergement,

particulièrement à Jérusalem lors des pèlerinages.

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Le déroulement du culte dans les synagogues :

-

Chacun pouvait y aller chaque semaine pour prier,

les synagogues étant répandues partout sur le territoire.

Après l’Exil,  le peuple participe activement à la prière,

indépendamment du culte du temple.

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L’interprétation de la Torah : 

Les exigences de la Torah orale : la relation à Dieu pour exister, doit être vivante.

et chaque personne  exprime quelque chose qui vient renouveler la Torah :

c’est la pratique de Jésus qui dit « c’est ici et maintenant que cela s’accomplit ».

Chaque jour et chaque époque apporte sa part de nouveautés,

la nouveauté est nécessaire.

Celui qui prend la parole, interprète.

Les interprétations de Jésus à la synagogue vont choquer les scribes.

La liturgie chrétienne témoigne à ses débuts de la même pratique d’interprétation.

voir la Didachè,

et Justin :

il décrit ainsi au deuxième siècle :

« celui qui préside fait monter au ciel la prière des action de grâces autant qu’il a de force, 

et tout le peuple répond par l’acclamation amen. »)

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 Les prières :

Une très grande liberté est à l’origine de la création de l’ensemble des prières

prononcées à la synagogue.

il n’y avait pas au départ de texte unique et normatif,

Ce n’est que progressivement que l’on a ressenti le besoin de donner aux prières un cadre normatif,

au moins pour leurs contenus et l’ordre de leur déroulement.

Les sages de la Michna et du Talmud,  cherchent à fixer des règles précises dans ce domaine.

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La forme dominante de la prière est la bénédiction.

On commence par bénir Dieu avant de lui exprimer des demandes.

De la même façon, de courtes bénédictions sont prescrites avant le repas,

ce que fit Jésus lors de son dernier repas en des termes certainement très semblables  :

la prière sur la coupe avait pour but de sanctifier la journée

cf. Matthieu 11,25–26

-

Après des bénédictions, deux fois par jour, on prononce les paroles du Deutéronome :

Chema Israël (voir notice).

La lecture des prophètes est suivie d’un chant et d’une prédication,

la prédication est une recherche à partir des Ecritures,

lors de la prière du matin le shabbat .

-

L’enseignement : 

Lieu d’enseignement:

Au premier siècle, on  enseigne dans les synagogues, le jour du Shabbat.

coutume souvent attestée dans le NT, où l’on voit Jésus qui enseigne :

Mc 1,21  ; 6,2

Jésus enseigne « Selon leurs coutumes » dans les synagogues

Toute personne de la communauté peut apporter une parole.

Le message chrétien s’est développé sur cette base.

Sur les principes de la Torah orale.

On estime tous membres du peuple capable de communiquer une parole authentique.

Luc 4,16 Ac 13,15

 

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