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30 janvier 2018

Choix des textes pour la liturgie catholique

Classé dans : — evangilegrec @ 11 h 22 min

Chaque jour, une péricope* de l’évangile est choisie pour la messe catholique :

(*extrait dont les limites sont signifiantes selon les exégètes, περικοπή , « découpage »)

Quand ? Qui ? Pourquoi ? Comment ?

QUAND ?

Quand ces extraits ont-ils été choisis ?

Depuis le Concile Vatican II (1962 à 1965) la liturgie catholique a été remaniée.

La Constitution sur la liturgie a été approuvée fin 1963 et a donné les grands principes.

En premier : les trois années liturgiques ont été mises en place (année A,B,C) cf. plus loin.

En 1969 : est établi un organisme permanent : la Congrégation pour le culte divin.

Printemps 1969 : publication d’un ordo lectionum officiel et complet.

QUI ? 

Au début du Concile, une commission Coetus a été créée pour choisir les péricopes.

Puis en été 1967 : de nombreux experts sont consultés sur l’ordre des lectures pour le dimanche.

Dès l’origine, l’autorité romaine a décidé que les lectures se feraient en langue vivante

commune à tous les pays utilisant une même langue :

Pour la traduction française : 

pour en assumer la responsabilité, a été créée la commission internationale francophone

pour les traductions de la liturgie.

elle est composée des évêques responsables de la liturgie

en France, Belgique, Canada, Luxembourg, Suisse Afrique du Nord,

avec la participation de l’Afrique francophone.

Des équipes pluridisciplinaires y ont travaillé,

des expérimentations souvent ont été faites, des vérifications par des prêtres et des laïcs.

Les conférences épiscopales des pays concernés approuvent

la Congrégation pour le culte divin confirme .

Les textes sont publiés ensuite.

POURQUOI ?

3 lectures :

Pour que les croyants venant à la messe aient une meilleure connaissance de la Bible

(Le Premier Testament n’était pas lu à toutes les messes

dans la liturgie, avant  le Concile, il était lu au temps pascal).

Avant le Concile, il n’y avait que deux lectures le dimanche.

3 années : 

Pour une meilleure connaissance de l’ensemble des évangiles.

Cela évite des choix (= subjectivité).

Avant la réforme de 1969,  c’était principalement l’évangile de Matthieu qui était lu.

(qui a peut-être un style plus catéchétique).

Les péricopes du dimanche sont choisies de façon à donner aux fidèles

qui ne viennent que ce jour-là à la messe

une connaissance significative de l’évangile choisi,

afin qu’ils  comprennent la visée théologique de l’auteur de l’évangile, sa pensée .

Car il est important de savoir écouter chaque évangéliste pour lui-même.

Cette nouvelle organisation des lectionnaires est dûe aussi aux progrès de l’exégèse au XXè siècle.

Les lectures en semaine essaient de donner à lire l’ensemble de l’évangile de l’année,

dans sa continuité.

COMMENT ?

L’évangile :

Chaque année correspond à la lecture semie-continue d’un évangile synoptique*

* On appelle synoptiques : les trois évangiles qui suivent le même déroulement

et peuvent être lus en colonne pour comparer : « syn – optique »  ( = voir simultanément) 

L’évangile de Jean est à part, il est lu en partie lors des temps de fête.

L’évangile de Marc étant plus court que les autres

(c’est le plus ancien qui a servi en partie de source aux deux autres)

est parfois complété par d’autres lectures dans l’année.

La lecture semi-continue est interrompue par les fêtes.

Pour le temps du Carême : les lectures s’enchaînent.

Temps de l’Avent-Noël et Epiphanie : 3 lectures qui s’harmonisent en fonction de la fête.

Matthieu : année A

Marc :  année B + on ajoute certaines lectures de Luc

Luc : année C

Le Premier Testament : 

Dans le cycle de trois ans :

171 péricopes du Premier Testament .

elles sont liées, en général, à l’évangile du jour,

et donnent  une vue d’ensemble du Premier Testament.

83 péricopes des Prophètes dont 40 du livre d’Isaïe.

La lecture du Premier Testament éclaire le Deuxième Testament.

(Question complexe des liens entre l’Ancien et le Nouveau Testament,

Ancien Testament que nous préférons nommer Premier :

cf. par exemple P. BEAUCHAMP L’Un et l’Autre Testament, Seuil, Paris, 1977)

Voir par exemple : Lc 4,17-21 : Jésus lit les Ecritures dans la synagogue.

L’ordre des lectures :

Toutes orientées vers l’évangile alors que dans la Bible l’ordre indiquerait de lire les textes apostoliques*

après l’évangile.

* La deuxième lecture est choisie dans les écrits des premiers apôtres

(épîtres ou Actes des Apôtres, qui suivent les évangiles dans le NT).

Ce choix est fait pour  comprendre la réception de la Bonne Nouvelle

dans les premières communautés chrétiennes,

et entrer en résonnance avec ce que vivent les chrétiens d’aujourd’hui.

Cette deuxième lecture prépare donc à écouter l’évangile.

L’Evangile arrive en dernier et fait l’objet d’une vénération particulière :

(on écrit Evangile quand il s’agit de la Bonne Nouvelle

reçue comme telle par les chrétiens, et évangile quand on parle du texte lui-même

en tant que livre, ou genre littéraire).

Lors de sa lecture à la messe, les fidèles se mettent debout,

le livre est souvent porté de l’autel à l’ambon.

En effet, pour le croyant, l’Ecriture devient Parole,

c’est-à-dire présence réelle du Christ qui nous parle aujourd’hui.

(cf. Prologue de Jean : « et la parole s’est fait chair »)

C’est pourquoi

la lecture de l’Evangile fait l’objet d’une vénération particulière dans la liturgie.

La traduction : 

Dès l’origine , l’autorité romaine a décidé que les lectures se feraient en langue vivante

commune à tous les pays utilisant une même langue :

pour en assumer la responsabilité, pour la langue française,

a été créée la Commission internationale francophone pour les traductions de la liturgie.

Elle est composée des évêques responsables de la litugie en France,

Belgique, Canada, Luxembourg, Suisse Afrique du Nord,

avec la participation de l’Afrique francophone.

Des équipes pluridisciplinaires y ont travaillé,

des expérimentations souvent ont été faites, des vérifications par des prêtres et des laïcs.

Les conférences épiscopales des pays concernés approuvent

la Congrégation pour le culte divin confirme .

Et les textes sont publiés.

BIBLIOGRAPHIE : 

A.G.MARTIMORE L’Eglise en Prière, introduction à la liturgie (Desclée Paris, Rome, 1965)

J. GELINEAU (sous la dir.) Dans vos Assemblées (Manuel de pastorale liturgique) (Desclée, 1971)

-

ANNEXE :

Annexe I.

Voici ce que dit Paul VI en 1965 :

CONSTITUTION DOGMATIQUE SUR LA RÉVÉLATION DIVINE

DEI VERBUM

Extrait :

22. Nécessité des différentes versions et traductions

Il faut que l’accès à la Sainte Écriture soit largement ouvert aux fidèles du Christ. Pour cette raison l’Église, dès le commencement, a fait sienne cette antique version grecque de l’Ancien Testament, appelée des Septante ; elle tient toujours en honneur les autres versions, orientales et latines, principalement celle qu’on nomme la Vulgate. Comme la Parole de Dieu doit être à la disposition de tous les temps, l’Église, avec une sollicitude maternelle, veille à ce que des traductions appropriées et exactes soient faites dans les diverses langues, de préférence à partir des textes originaux des Livres sacrés…

-

ANNEXE II :

Sur le travail des exégètes, et les traductions de la Bible  :

en 1943 (donc avant le Concile) 

Voici ce que le pape Pie XII écrivait dans une lettre encyclique :

DIVINO AFFLANTE SPIRITU

 

LETTRE ENCYCLIQUE

DE SA SAINTETÉ LE PAPE PIE XII

 

SUR LES ÉTUDES BIBLIQUES

19. A l’exégète catholique, qui se dispose au travail de comprendre et d’expliquer les Saintes Ecritures, déjà les Pères de l’Eglise, et surtout saint Augustin, recommandaient avec force l’étude des langues anciennes et le recours aux textes originaux. (Cf. p. ex. S. JÉRÔME, Praef. in IV Evang. ad Damasum ; P. L., XXIX, col. 526-527 ; S. AUGUSTIN, De doctr. christ. II, 16 ; P. L., XXXIV, col. 42-43.) Cependant, à cette époque, les conditions des lettres étaient telles que rares étaient ceux qui connaissaient même imparfaitement la langue hébraïque. Au moyen âge, tandis que la théologie scolastique était à son apogée, la connaissance de la langue grecque elle-même était depuis longtemps si affaiblie en Occident que même les plus grands Docteurs de ce temps, pour commenter les Livres Divins, ne se servaient que de la version latine de la Vulgate. De nos jours, au contraire, non seulement la langue grecque, rappelée en quelque sorte à une vie nouvelle dès le temps de la Renaissance, est familière à presque tous ceux qui cultivent l’antiquité et les lettres, mais aussi la connaissance de la langue hébraïque et des autres langues orientales est largement répandue parmi les hommes cultivés. Il y a maintenant tant de facilités pour apprendre ces langues que l’interprète de la Bible qui, en les négligeant, s’interdirait l’accès aux textes originaux ne pourrait échapper au reproche de légèreté et de nonchalance.

20. Il appartient, en effet, à l’exégète de chercher à saisir religieusement et avec le plus grand soin les
moindres détails sortis de la plume de l’hagiographe sous l’inspiration de l’Esprit Divin, afin d’en pénétrer plus profondément et plus pleinement la pensée. Qu’il travaille donc avec diligence à s’assurer une maîtrise chaque jour plus grande des langues bibliques et orientales, et qu’il étaye son exégèse avec toutes les ressources que fournissent les différentes branches de la philologie. C’est cette maîtrise que saint Jérôme s’efforçait anxieusement d’acquérir suivant l’état des connaissances de son temps ; c’est à elle qu’aspirèrent avec un zèle infatigable, et non sans un réel profit, plusieurs des meilleurs exégètes des XVIe et XVIIe siècles, bien que la science des langues fût alors très inférieure à ce qu’elle est aujourd’hui. C’est en suivant la même méthode qu’il importe d’expliquer le texte primitif qui, écrit par l’auteur sacré lui-même, a plus d’autorité et plus de poids qu’aucune version, même la meilleure, ancienne ou moderne ; ce en quoi on réussira sans doute avec plus de facilité et de succès si l’on joint à la connaissance des langues une solide expérience de la critique textuelle.

21. Quelle importance il faut attribuer à une telle méthode critique, saint Augustin nous l’enseigne avec pertinence quand, parmi les préceptes à inculquer à qui étudie les Livres Saints, il met en première ligne le soin qu’il faut avoir de se procurer un texte correct.  » La sagacité de ceux qui désirent connaître les Ecritures Divines doit veiller en premier lieu à corriger les manuscrits – ainsi s’exprime l’illustre Docteur de l’Eglise, – afin que les manuscrits non corrigés cèdent le pas à ceux qui sont corrigés.  » (De doctr. christ. II, 21 ; P. L., XXXIV, col. 46.) Cet art de la critique textuelle, qu’on emploie avec beaucoup de succès et de fruit dans l’édition des textes profanes, doit servir aujourd’hui, à plus forte raison en vérité, pour les Livres Saints, à cause du respect qui est dû à la parole divine. Le but de cet art est, en effet, de restituer le texte sacré, autant qu’il se peut, avec la plus grande perfection, en le purifiant des altérations dues aux insuffisances des copistes et en le délivrant, dans la mesure du possible, des gloses et des lacunes, des inversions de mots et des répétitions, ainsi que des fautes de tout genre qui ont coutume de se glisser dans tous les écrits transmis à travers plusieurs siècles.

25. Si le Concile de Trente a voulu que la Vulgate fût la version latine  » que tous doivent employer
comme authentique « , cela, chacun le sait, ne concerne que l’Eglise latine et son usage public de l’Ecriture, mais ne diminue en aucune façon – il n’y a pas le moindre doute à ce sujet – ni l’autorité ni la valeur des textes originaux. Au surplus, il ne s’agissait pas alors des textes originaux, mais des versions latines qui circulaient à cette époque ; versions entre lesquelles le Concile, à juste titre, déclara préférable celle qui,  » par un long usage de tant de siècles, était approuvée dans l’Eglise « .

26. Cette autorité éminente de la Vulgate ou, comme l’on dit, son authenticité, n’a donc pas été décrétée par le Concile surtout pour des raisons critiques, mais bien plutôt à cause de son usage légitime dans les Eglises prolongé au cours de tant de siècles. Cet usage, en vérité, démontre que, telle qu’elle a été et est encore comprise par l’Eglise, elle est absolument exempte de toute erreur en ce qui concerne la foi et les mœurs ; si bien que la même Eglise l’attestant et le confirmant, on peut la produire en toute sûreté et sans péril d’erreur dans les discussions, dans l’enseignement et dans la prédication. D’où une authenticité de ce genre ne doit pas être qualifiée en premier lieu de critique, mais bien plutôt de juridique. C’est pourquoi l’autorité de la Vulgate en matière de doctrine n’empêche donc nullement – aujourd’hui elle le demanderait plutôt – que cette doctrine soit encore justifiée et confirmée par les textes originaux eux-mêmes et que ces textes soient appelés couramment à l’aide pour mieux expliquer et manifester le sens exact des Saintes Lettres. Le décret du Concile de Trente n’empêche même pas que, pour l’usage et le bien des fidèles, en vue de leur faciliter l’intelligence de la parole divine, des versions en langue vulgaire soient composées précisément d’après les textes originaux, comme Nous savons que cela a déjà été fait d’une manière
louable en plusieurs régions avec l’approbation ecclésiastique.
27. Bien fourni de la connaissance des langues anciennes et des ressources de la critique, l’exégète
catholique peut aborder la tâche – la plus importante de toutes celles qui lui incombent – de découvrir et d’exposer le véritable sens des Livres Saints. Que les exégètes, dans l’accomplissement de ce travail, aient toujours devant les yeux qu’il leur faut avant tout s’appliquer à discerner et à déterminer ce sens des mots bibliques qu’on appelle le sens littéral. Ils doivent mettre le plus grand soin à découvrir ce sens littéral des mots au moyen de la connaissance des langues, en s’aidant du contexte et de la comparaison avec les passages analogues ; toutes opérations qu’on a coutume de faire aussi dans l’interprétation des livres profanes, pour faire ressortir plus clairement la pensée de l’auteur.

Donné à Rome, près Saint-Pierre, le 30 septembre, en la fête de saint Jérôme, le plus grand des Docteurs dans l’exposition des Saintes Ecritures, l’année 1943, cinquième de Notre Pontificat.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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