4 novembre 2017

Grec biblique

Classé dans : — evangilegrec @ 17 h 46 min

 

 

Grec biblique

On appelle grec biblique le grec employé dans la Septante (Bible traduite de l’hébreu en grec au IIIè siècle av JC)  et dans le Nouveau Testament.

 La langue grecque de cette époque est appelée la Koinè, langue commune (III ème siècle av J.C.  au I er siècle ap J.C.)

Par rapport à la Koinè de la littérature profane,  on note l’influence de l’hébreu et de l’araméen.

Quelques remarques sur les principales différences entre le grec de la Koinè et le dialecte attique (le grec de la littérature classique).

Et quelques sémitismes.

La simplification de la langue grecque est due à l’extension de son usage à la suite des conquêtes d’Alexandre le Grand. La langue grecque véhiculée par les soldats et les commerçants est alors appelée « koinè » (commune).

Cf Page: Koinè, langue commune.

La morphologie se simplifie.

 La conjugaison thématique (verbes en ω) se développe aux dépens des verbes en μι. (Par exemple, on trouve plus souvent δεικνύω que δείκνυμι, montrer).

En attique, on trouve des alternances de radical entre le singulier et le pluriel notamment pour les verbes :

savoir : οἶδα, je sais / ἴσμεν nous savons  (alors qu’on a οἴδαμεν dans la Bible)

donner : ἔδωκα, aoriste de donner   ἔδομεν , au pluriel ( ἔδώκαμεν dans la Bible, pas d’alternance).

Dans la Bible, le radical ne subit pas l’alternance de l’attique et reste le même au singulier et au pluriel.

Autres remarques sur la conjugaison:

  • Des aoristes seconds en α : εἶπα au lieu de εἶπον 
  • Multiplication des aoristes en θην de forme intransitive et de sens actif απεκριθη, il répondit (alors que le suffixe θην sert à former l’aoriste passif)
  • A la troisième personne du pluriel, on trouve la terminaison en σαν (impératif actif en τωσαν et moyens en σθωσαν) Exemple de l’impératif aoriste de δίδωμι : δός : donne, δότω : qu’il donne, δότε : donnez, δότωσαν : qu’ils donnent (au lieu de δόντων en attique) N.B. : δότωσαν apparaît déjà chez Thucydide.
  • des imparfaits comme εἴχοσαν.
  • Des augments dont la place ou la forme peuvent être inhabituelles. Par exemple, au lieu de ἐδυνάμην, je pouvais, on trouve : ἠδυναμην.

syntaxe : 

Disparition du duel.

L’accusatif : est employé plus souvent qu’en attique comme complément de verbes normalement employés avec le génitif par exemple : boire + génitif partitif, en grec classique , devient πίνειν τὸ αἷμα : boire +acc , boire le sang dans la koinè.

Le génitif de qualité au lieu de l’adjectif épithète : ex. Lc 16,8 : l’économe d’injustice = l’économe  injuste.

L’emploi de « fils de » pour marquer l’appartenance à un groupe : Lc 16,8 : les fils de la lumière.

Le génitif explicatif d’apposition Mt 16,4 : le signe de Jonas = le signe que fut Jonas. Actes 2,38 : le don de l’Esprit = le don que fut l’Esprit.

Des prépositions souvent employées qui apparaissent peu en attique :

ἔμπροσθεν (devant)  ὀπίσω (derrière) ἐνώπιον (en face de)  + génitif

ἐν + datif pour dire « avec ».

Le pronom personnel αὐτος employé comme pronom personnel sujet, alors qu’il n’est pas exprimé en attique avec cette insistance. Il est aussi employé comme démonstratif et comme réfléchi (à la place de οὐτος et  ὁδε classiques).

Le système verbal montre la quasi disparition de l’optatif.

L’emploi très fréquent de l’infinitif substantivé. Précédé d’une préposition et à valeur circonstancielle, notamment : διὰ τὸ + inf = parce que ἐν τῷ + inf pendant que …

Usage fréquent de ὅτι (équivalent des deux points) qui introduit les discours.

Simplification du système conditionnel.

Sémitismes syntaxiques : 

Décalque en grec de certains tours propres à l’hébreu ou à l’araméen.

L’ordre des mots : verbe, sujet, objet (fréquent, donne une allure peu grecque aux phrases)

La parataxe au lieu de la subordination. και est fréquent.

Les emplois de ἐγένετο en début de phrase.

La multiplication des infinitifs.

La multiplication des emplois de ἐν (=be) + datif , souvent à la place d’un datif seul.

L’emploi de εἰς + acc à la place d’un attribut (devenir…)

ἀπο, loin de avec tous les sens de min . Par exemple, employé à la place d’un complément au génitif partitif : τίνα ἀπὸ τῶν δύο ἀπολύσω ὑμῖν; Qui des deux vous relâcherai-je ? Mt 27,21.

Usage de prépositions décalquées de l’hébreu.

BIBLIOGRAPHIE : 

Danielle ELLUL, Odile FLICHY Apprendre le Grec biblique par les Textes (ed. Cerf) (Paris, 2010)Annexe p.303-308

POUR  APPROFONDIR : 

Edouard DELEBECQUE Etude sur le grec du Nouveau Testament (Publication de l’Université de Provence) (1995)

Félix-Marie ABEL Grammaire du Grec biblique (J Gabalda et fils ed. Paris) (1927)

 

 

Laisser un commentaire

En route pour les JMJ 2016 ... |
Ousmane TIMERA |
Omero Marongiu-Perria |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | PUISSANT MAITRE MEDIUM SHA...
| Où subsiste la catholicité ?
| Formation permanente