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10 octobre 2017

Je vous salue Marie, Χαῖρε Μαρία

Classé dans : — evangilegrec @ 8 h 52 min

Χαῖρε, Μαρία, κεχαριτωμένη

ὁ Κύριος μετὰ Σοῦ,

εὐλογημένη Σύ ἐν γυναιξί,

καί εὐλογημένος ὁ καρπός τῆς κοιλίας Σου, ὁ Ἰησοῦς.

Ἁγία Μαρία, Θεοτόκε,

πρέσϐευε ὑπέρ ἡμῶν τῶν ἁμαρτωλῶν,

νῦν καί ἐν τῃ ὥρᾳ τοῦ θανάτου ἡμῶν.

Ἀμήν

Χαῖρε, κεχαριτωμένη

Deux mots apparentés :

χαίρω:  se réjouir

χαριτόω : formé sur χαρις la grâce, gratifier, combler.

On a une allitération ici : les deux verbes sont étroitement liés par cette allitération.

D’ailleurs, habituellement en grec,  les verbes de sentiment,

exprimant une émotion, une surprise, une joie,

sont construits avec une proposition complétive au participe (Luc manie très bien le grec)

et si le sujet de la subordonnée est le même que celui de la proposition principale,

il n’est pas exprimé, et les mots qui s’y rapportent sont au nominatif,

On devrait donc traduire ici :

« réjouissez vous d’être pleine de grâce » .

Le passage par le latin : « ave Maria gratia plena« 

a fait perdre de vue cette particularité de langue.

Saint Jérôme n’a pas pu traduire l’équivalent d’un participe parfait passif,

puisque cela n’existe pas en latin.

Mais on a ici dans  κεχαριτωμένη, le participe parfait passif :

c’est-à-dire le sens du présent de la chose pleinement acquise.

Jérôme, dans la Vulgate, a utilisé un simple adjectif pour rendre cela : plena.

Alors que dans le texte d’origine :

on a l’invitation à se réjouir,

la joie qui est une idée plus importante que la simple salutation (Ave en latin)

on a aussi la plénitude acquise (valeur du parfait)

et l’idée de la grâce mise en valeur par l’allitération.

-

La prière que nous connaissons aujourd’hui

(je vous salue Marie…)

se compose de deux petits extraits de l’Évangile de Luc :

la salutation de l’ange (1, 28) et la réponse d’Élisabeth à Marie (1, 42).

Deux extraits dans lesquelles les paroles sont celles de l’ange

(premier extrait, l’Annonciation )

et celles de Marie (deuxième extrait, la Visitation) .

Cette prière a connu une longue histoire et n’a été dite régulièrement par un grand nombre de gens

sous la forme que nous lui connaissons, qu’à partir du Moyen Age (on a des témoignages du XIè siècle) .

Ainsi transmise depuis des siècles et par l’intermédiaire du latin,

elle peut nous faire oublier son sens si riche.

Bibliographie : 

E. DELEBECQUE Etudes sur le Grec du Nouveau Testament,

(Publications de l’Université de Provence, 1995)

« sur la salutation de Gabriel à Marie » p. 195-198.

 

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