2 janvier 2018

Jn1,29-34 commentaire

Classé dans : — evangilegrec @ 19 h 08 min
Les versets 29 à 34 du premier chapitre
de l’évangile de Jean forment un tout
dont nous pouvons observer la progression :
« le lendemain » ouvre le récit.
En effet, après le verset 19
le lecteur entre dans le récit du témoignage de Jean.
Jésus entre en scène dans la deuxième journée, mais « il est premier » par rapport à Jean,
et ce n’est pas Jean qui vient mais Jésus qui vient le rejoindre,
nous verrons comment cela est exprimé à travers les verbes
et les expressions du mouvement,
l’importance du regard et du témoignage, puis ce qui est révélé.
-
I.
l’expression des mouvements
(prépositions, verbes de mouvement)
et la progression dans les verbes : 
-
1)  βλέπει : il voit (Jean)
Τεθέαμαι τὸ πνεῦμα καταβαῖνον …
Passage au discours direct : variation dans le verbe (contempler)
J’ai contemplé l’Esprit qui descendait …
-
2) Ὀπίσω μου ἔρχεται ἀνὴρ ὃς ἔμπροσθέν μου
Après moi vient un homme qui est advenu devant moi,
plus loin :
 ἦλθον ἐγὼ 
 je suis venu, moi,
ὅτι πρῶτός μου ἦν.
-
Le verbe γίνομαι contraste avec le verbe venir dont le sujet est Jean.
Et il rappelle le verbe de la Genèse. : Jésus « est » et « était » ;
suit le verbe « être » à l’imparfait.
« car il était avant moi. »
Jean est un témoin d’abord par la vue, puis par la parole.
-
  On observe  beaucoup de verbes de mouvement :
Il vient  ἔρχεται : (Jésus) vient (au présent) 
moi (Jean) je suis venu ἦλθον ἐγὼ (à l’aoriste) 
-
II. L’importance du regard et du témoignage 
soulignée par les verbes de perception :
-
1) Au verset 34, l’expression est concise et résume tout le passage.
Le titre de « fils de Dieu » est annoncé
en ouverture de tout ce qui suivra dans l’évangile .
34
Κἀγὼ ἑώρακα,
Et moi j’ai vu,
καὶ μεμαρτύρηκα ὅτι
et j’ai rendu témoignage :
οὗτός ἐστιν ὁ υἱὸς τοῦ θεοῦ.
celui-ci est le Fils de Dieu.
-
2) Les deux verbes au parfait
et à la première personne du singulier
contrastent avec le verbe être.
En plus des verbes de perception :
βλέπει, je vois
 Τεθέαμαι : j’ai contemplé
On note le présentatif  Ἴδε, voici 
(on passe de l’énonciation à la troisième personne
à la première personne après « voici »)
ἐμαρτύρησεν : il témoigna
Κἀγὼ οὐκ ᾔδειν αὐτόν :
répété deux fois (v.31 et 33)
et moi je ne le connaissais pas
A la fin du texte Jean est l’énonciateur :
καὶ μεμαρτύρηκα
et j’ai témoigné
(répétition du même verbe qu’au verset 32)
j’ai témoigné et je témoigne encore !
(action durable du parfait)
Le verbe être :
Dieu est, envoie son fils qui est et qui était « avant »
-
3)
Voir l’emploi du verbe demeurer : l’esprit demeure sur lui:
τὸ πνεῦμα καταβαῖνον καὶ μένον ἐπ’ αὐτόν,
Voir les remarques sur être (eimi et ginomai)
-
III. Au centre : la présentation du fils de Dieu par Jean :
-
1. Révélation de Jésus fils de Dieu et agneau de Dieu: 
-
Voici l’agneau de Dieu…
Ἴδε ὁ ἀμνὸς τοῦ θεοῦ,
et à la fin du passage :
Celui-ci est le fils de Dieu
« Voici » « celui-ci est » :
des affirmations fortes au début de l’Evangile .
Dès le début de l’évangile,
l’identité de Jésus « fils de Dieu » est donnée:
ὁ υἱὸς τοῦ θεοῦ
et aussi « agneau de Dieu »
qui annonce sa mort et sa résurrection d’emblée :
 ὁ ἀμνὸς τοῦ θεοῦ
Expressions parallèles, de même construction syntaxique.
-
2. Témoignage de Jean :
-
Jean témoigne .
 ἵνα φανερωθῇ :
pour qu’il fût manifesté :
On reconnaît la racine φαν,
(cf. φῶς, la lumière φαίνω : paraître
ἐπι (sur) + φαίνω : qui donne épiphanie,
manifestation sur terre )
-
Κἀγὼ ἑώρακα,
Et moi j’ai vu,
καὶ μεμαρτύρηκα 
et j’ai témoigné :
Les deux affirmations parallèles et durables (parfait),
s’opposent à :
et « moi je ne le connaissais pas » :
Κἀγὼ οὐκ ᾔδειν αὐτόν
 répétée deux fois.
Κἀγὼ : cette expression
(crase de και +  ἐγω)
fait écho à une autre expression :
  »Κἀγὼ εἰμι », » Et moi je suis  » :
expression réservée à Jésus chez Jean.
-
3. L’Esprit Saint donné par (ἐν) le baptême :
-
Jean a reçu la parole :   »il m’a dit » :
ἐκεῖνός μοι εἶπεν…
(Parole agissante de Dieu)
Souffle de Dieu…τὸ πνεῦμα au centre. 
L’Esprit demeure :
le verbe μείνω, demeurer, est employé à deux reprises,
verset 32 : καὶ ἔμεινεν ἐπ’ αὐτόν
verset 33 : τὸ πνεῦμα καταβαῖνον καὶ μένον ἐπ’ αὐτόν
(μένον au participe neutre accordé à τὸ πνεῦμα)
Les versets 31 et 33  commencent par la même phrase,
ce qui met en évidence ce qui change au verset 33
à savoir :
-la parole de Dieu au style direct :
ἐκεῖνός μοι εἶπεν,
celui-là m’a dit
Ἐφ’ ὃν ἂν ἴδῃς τὸ πνεῦμα καταβαῖνον 
καὶ μένον ἐπ’ αὐτόν,
Celui sur qui tu verras l’Esprit descendre
et demeurer,
adressée directement à Jean (tu).
-Et l’union du Père, du Fils et de l’Esprit :
car l’Esprit Saint demeure sur lui,
écrit l’évangéliste.
A son tour,
Jean témoigne à la troisième personne :
οὗτός ἐστιν ὁ βαπτίζων ἐν πνεύματι ἁγίῳ : 
c’est celui qui baptise dans  l’Esprit-Saint.
C’est pourquoi sous l’action de l’Esprit,
 Jean  témoigne,
Ce qui est annoncé comme une conséquence :
deux fois και , deux verbes parallèles au parfait.
-
Conclusion : 
Ce passage, placé au début de l’évangile,
fait suite à l’hymne du prologue,
il inaugure la narration des évènements.
En soi, il comporte déjà l’annonce de la mort et
de la résurrection de Jésus agneau pascal.
Dans cette narration est mise en évidence
l’action de l’Esprit Saint
qui permet le témoignage.
Apparaît l’importance du témoignage par la parole.
Jean le Baptiste témoigne, Jean l’ évangéliste témoigne.
Dans le quatrième évangile,
les disciples, par la suite, se joignent à Jésus
à partir du témoignage de Jean,
(celui qui montre Jésus : Ἴδε ὁ ἀμνὸς τοῦ θεοῦ » )
ce qui n’est pas le cas dans les évangiles synoptiques*,
où Jésus va vers les disciples et les choisit.
Ici, le baptême de Jésus n’est pas décrit,
il est raconté à la première personne du singulier.
(il est décrit chez Marc, par exemple, cf. Mc 1,10).
Jean témoigne  :
 μεμαρτύρηκα : j’ai témoigné (et je témoigne) 
« Aplanissez les chemins du Seigneur » Jn 1,23
(reprise d’Isaïe)
Origène a commenté : « c’est par une voix que la Parole est rendue présente »
(Commentaire de l’Ev. de J. II, §194)
Une voix qui vient jusqu’à nous lecteurs de l’Evangile…
-

(*Synoptiques : les trois autres évangiles 
qu’on peut lire disposés en colonnes les uns à côté des autres
parce qu’ils suivent la même trame.
(Etymologie de synoptique_ « voir ensemble » )

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