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4 janvier 2020

Le participe (morphologie et syntaxe) dans le NT

Classé dans : — evangilegrec @ 19 h 09 min

Le participe : 

Il est important de comprendre la fonction du participe dans la phrase grecque,

le participe est plus employé en grec qu’en français.

Dans un premier temps (traduction littérale) nous pouvons traduire le participe

par un participe, mais pour rendre la phrase dynamique en français,

il faudra ensuite trouver de meilleures traductions.

C’est un outil précieux pour exprimer les circonstances

et  la succession des actions, par exemple.

Il faut se reporter aux différentes traductions du Nouveau Testament

pour sentir le sens et la fonction  du participe,

alors que notre traduction « mot à mot » sur le site

ne les donne pas toujours, volontairement.

Nous étudierons ici les emplois du participe grec,

en prenant des exemples dans le NT.

Et nous mettrons l’accent sur les particularismes du NT.

-

Formation du participe :

Le participe est une forme impersonnelle du verbe

(il n’y a pas de « personne » correspondant au participe).

Le participe se décline.

Le participe est un mode, il y a différents « temps » du participe :

présent, futur, parfait, aoriste.

(alors qu’en français, nous avons présent et passé, il n’y a pas de correspondance entre les deux langues)

Le participe existe à la voix active, moyenne et passive.

A l’aoriste et au futur, la voix moyenne et la voix passive sont différentes.

La négation du participe est toujours μὴ dans le NT.

Pour la formation des différents temps et modes du participe :

voir la leçon de bibliques.com :

participe actif, (←en cliquant ici accès direct à la leçon)

participe moyen passif

Les fonctions du participe :

-

  • le participe peut être employé comme adjectif en fonction d’épithète ou d’attribut :

1. Epithètes : 

Ἴδε ὁ ἀμνὸς τοῦ θεοῦ 
Voici l’Agneau de Dieu
ὁ αἴρων τὴν ἁμαρτίαν τοῦ κόσμου.
qui enlève le péché du monde,
(épithète non enclavée)
 Jn 1,29
-
Ποῦ ἐστὶν ὁ τεχθεὶς βασιλεὺς τῶν Ἰουδαίων;
Où est le roi des juifs qui vient de naître ?
Mt 2, 2
(épithète enclavée)
-

Exemple à un autre cas (génitif) :

-

τὸν χρόνον τοῦ φαινομένου ἀστέρος.
Le temps de l’étoile qui paraît
(φαινομένου épithète enclavée)
Mt 2,7
-

Donc on traduira ces participes en situation d’adjectifs épithètes

par une proposition subordonnée relative.

-

2. Attributs :

On trouve aussi des participes en fonction d’attributs

avec certains verbes, comme par exemple, les verbes de sentiment :

un exemple bien (mé)connu de cet emploi est :

Χαῖρε κεχαριτωμένη : (← cliquez ici pour plus de détails)
Réjouis toi Marie de la grâce qui t’est faite,
ὁ κύριος μετὰ σοῦ,
le seigneur est avec toi,
Lc 1,28
-
« Réjouis-toi Marie de la grâce qui t’est faite… »
est platement traduit parfois  par :
« Je te salue Marie pleine de grâce ».
(passé par le latin : « plena gratia », un adjectif au lieu d’un verbe)
-
  • Le participe peut avoir différentes fonctions s’il est employé comme nom,

il est précédé du déterminant : 

τὸ ῥηθὲν διὰ Ἰερεμίου τοῦ προφήτου,
ce qui avait été dit par Jérémie le prophète :

-

τὸ ῥηθὲν : participe à l’aoriste passif au neutre singulier
du verbe irrégulier  λέγω (ἐρρήθην à l’aoriste indicatif passif.
Chute de l’augment + absence de dédoublement du ρ au participe :  ἐ – ρ- ρήθην )
« Ce qui a été dit« 
déterminant : τὸ,
traduire ce participe substantivé par « la parole »
alors qu’on pourrait avoir le nom commun équivalent, ὁ λόγος,
c’est mutiler le sens.
-
L’emploi du participe substantivé est très fréquent dans le NT.
-
Remarque : 
-
Dans l’exemple suivant, le participe n’est pas substantivé :
Οἱ δὲ ἀκούσαντες τοῦ βασιλέως ἐπορεύθησαν:
Mais eux, ayant écouté le roi, s’en allèrent ;
mieux que  :
« et ceux qui avaient écouté le roi s’en allèrent. »
Mt2,9
alors que, grammaticalement, on pourrait avoir un participe substantivé,
c’est le contexte qui nous indique le sens.
En effet,
 Οἱ δὲ (ὁ+ δὲ) peut se traduire dans certains passages du NT
par   »mais eux » ( « mais lui » au sg. ex. Jn 5,11 ; Mt 4,4) cf. CARREZ 198,2
-
  • Complément du verbe : employé comme noyau verbal d’une proposition participiale. 

à l’accusatif dépendant d’un verbe de perception : 

-
Τῇ ἐπαύριον βλέπει  τὸν Ἰησοῦν ἐρχόμενον πρὸς αὐτόν,
Le lendemain, il  (Jean) voit Jésus venant à lui,
Mieux :
« il voit Jésus venir à lui… »
Le sujet et le verbe de la pp. participiale sont à l’accusatif.
  • Le participe apposé peut avoir une valeur circonstancielle :  

1. S’il a un sujet propre au génitif et qu’il est lui-même au génitif,

l’ensemble séparé du reste de la phrase (en emploi absolu) :

Τοῦ δὲ Ἰησοῦ γεννηθέντος
Mt 2,1
Jésus étant né à Bethléem, …

ou :

« comme Jésus venait de naître à Bethléem » …

2. participe apposé qui n’est pas en valeur absolue :

peut avoir une valeur de modalité de l’action (notre gérondif)

ou avoir une valeur de complément circonstanciel

Valeur circonstancielle de temps :

si le verbe principal est au présent, futur ou imparfait,

(§365a BERTRAND)

le participe aoriste traduit un aspect ponctuel

et « est apte à traduire une antériorité » parfois.

Si le verbe principal est à l’aoriste  :

Le  participe aoriste qui précède cet aoriste (indicatif, impératif…)

peut, en plus de sa valeur aspectuelle, exprimer une concomitance ou une antériorité,

et peut donc se traduire par une première action, un premier ordre :

-

Καὶ πέμψας αὐτοὺς εἰς Βηθλεὲμ εἶπεν,
Et les ayant envoyé à Bethléem, il dit :
(et il les envoya à Bethléem et dit : )
Πορευθέντες ἐξετάσατε ἀκριβῶς  περὶ τοῦ παιδίου·
Allez, et informez-vous exactement au sujet de ce petit enfant,
Πορευθέντες ἐξετάσατε : participe aoriste + impératif (aoriste) = 2 impératifs.
Mt 2,8
-
autre exemple :
Ἀκούσας δὲ ὁ βασιλεὺς Ἡρῴδης  ἐταράχθη,
Le roi Hérode, l’ayant appris, fut troublé,
(« Le roi Hérode l’apprit et fut troublé »  : traduction possible)
καὶ πᾶσα Ἱεροσόλυμα μετ’ αὐτοῦ:
et tout Jérusalem avec lui.
Mt 2,3
-
 La traduction française est allégée .
-

Autre exemple : 

-

Τότε Ἡρῴδης, λάθρᾳ καλέσας τοὺς μάγους,
Alors Hérode appela (participe aoriste dans le texte)  secrètement les mages,
ἠκρίβωσεν
et s’informa avec précision.
-
Faire correspondre un verbe au participe, en grec, à un verbe à un mode personnel en français
est recommandé car le grec emploie le participe plus souvent que le français :
Voici un exemple intéressant où on a une alternance participe + verbe conjugué, trois fois,
comme pour souligner avec précision et sur un rythme ternaire l’action des mages :
-
11
Καὶ ἐλθόντες (1) εἰς τὴν οἰκίαν,
(étant entrés )
ils entrèrent dans la maison,
εἶδον τὸ παιδίον μετὰ Μαρίας τῆς μητρὸς αὐτοῦ,
et ils virent le petit enfant, avec Marie sa mère,
καὶ πεσόντες (2) προσεκύνησαν αὐτῷ,
(et étant tombés)
ils tombèrent et ils l’adorèrent ;
καὶ ἀνοίξαντες (3) τοὺς θησαυροὺς αὐτῶν
et, (ayant ouvert)
ils ouvrirent  leurs trésors,
προσήνεγκαν αὐτῷ δῶρα,
et ils lui présentèrent des dons :
χρυσὸν καὶ λίβανον καὶ σμύρναν.
de l’or, et de l’encens, et de la myrrhe.
Mt2,11
-
Dans la traduction, pour montrer la succession des actions,
nous devons ajouter la conjonction de coordination « et » .
-
12
Καὶ χρηματισθέντες κατ’ ὄναρ
Et ayant été divinement avertis en songe
Traduire : et ils furent divinement avertis…
μὴ ἀνακάμψαι πρὸς Ἡρῴδην,
de ne pas retourner vers Hérode,
δι’ ἄλλης ὁδοῦ ἀνεχώρησαν εἰς τὴν χώραν αὐτῶν.
et par un autre chemin ils se retirèrent dans leur pays.
Mt2,12
valeur aspectuelle : actions ponctuelles
+ v.  temporelle : antériorité (car on est dans un C.C. de temps)
-
La valeur circonstancielle peut être la cause :
-
Dans le complément circonstanciel de cause,
le participe n’a pas sa valeur temporelle,
mais seulement une valeur d’aspect :
-
ainsi :
-
10
Ἰδόντες δὲ τὸν ἀστέρα,
Et ayant vu l’étoile,
sens :
« comme ils avaient vu l’étoile » sens large de « comme » sens temporel avec antériorité/
ou  » voyant l’étoile » valeur causale /
ou encore:
« ils se réjouirent beaucoup et d’une grande joie de voir l’étoile « 
( à ce moment là, la ponctuation est à changer)
en effet,  la cause d ‘un sentiment s’exprime très souvent, en grec,
à l’aide d’un participe apposé (BERTRAND § 363b).
-
  • Le participe apposé peut indiquer la modalité de l’action,

sans autre valeur circonstancielle :

-

C’est l’équivalent de notre gérondif.
« en voyant l’étoile § » (§362 BERTRAND)
ἐχάρησαν χαρὰν μεγάλην σφόδρα.
-
ils se réjouirent beaucoup d’une grande joie.
Mt 2,10
-
C’est le contexte qui peut renseigner.
-
Le participe apposé peut aussi exprimer
la manière, le but, la condition et la concession dans le NT
(complément circonstanciel) .
-
Suivant le temps du verbe principal :
valeur aspectuelle si v. ppal autre qu’aoriste,
(sauf dans la pp finale)
-
 mais :
participe aoriste avec v. ppal à l’aoriste :
s’ajoute  l’antériorité ou concomitance.
-
  • Valeurs particulières dans le  NT : 

Sous l’influence de l’hébreu :

on trouve deux emplois fréquents :
  • des participes descriptifs qui décomposent l’action en deux temps :
  »sortant, il s’avança » par exemple.
  •  des verbes déclaratifs employés deux fois : une fois à un temps personnel
et une fois au mode participe.

 

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