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21 novembre 2019

Paradis ὁ παράδεισος

Classé dans : — evangilegrec @ 11 h 43 min
Paradis ὁ παράδεισος
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C’est un mot assez rare dans le Nouveau Testament.
Il n’apparaît que trois fois.
Les évangélistes ne nous disent pas grand chose de ce « paradis ».
Dans la Septante il apparaît 10 fois environ.
Il traduit l’expression hébraïque   »jardin d’Eden ».
En revenant à l’étymologie du mot
à son emploi dans la Bible,
nous en découvrirons peut-être plus sur ce « paradis ».
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I. Les occurrences du mot dans le Nouveau Testament et 
pour comparer dans la version de la Bible grecque, la Septante
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1) Dans le Nouveau Testament
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a. Evangile de Luc 
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D’après le Canon du Nouveau Testament,
 la première occurrence du mot
est  Luc 23, 43
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σήμερον μετ’ ἐμοῦ ἔσῃ ἐν τῷ παραδείσῳ.
aujourd’hui tu seras avec moi dans le paradis.
Lc 23,43
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Pour Luc ce lieu est peut être conçu comme
l’équivalent du royaume de Dieu.
Nous verrons ce qu’il sous-entend
d’après son emploi dans la Septante et l’origine du mot.
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b. Paul 2è lettre aux corinthiens
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La deuxième occurrence du mot se trouve chez Paul 2 Cor 12,4
Paul écrit :
« Je sais que cet homme dans le Christ
–était-ce dans son corps ou sans son corps?
Je ne sais pas, Dieu le sait
οὐκ οἶδα: ὁ θεὸς οἶδεν
–fut enlevée au paradis »
ὅτι ἡρπάγη εἰς τὸν παράδεισον
2Cor4
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il dit juste avant qu’il « fut enlevé jusqu’au troisième ciel. »
Ce texte est enveloppé de questionnements
et de la volonté de ne pas trop décrire
  »je ne sais pas »
 La notion d’ étages dans le ciel
est déjà connue dans la littérature antique.
Dans ce passage de Paul, le paradis semble être un état élèvé,
qui mène à une connaissance ineffable.
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 c. L’Apocalypse
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Le troisième passage dans l’orde du canon du NT
 est Apocalypse 2,7, à la fin de la lettre écrit à l’église d’Ephèse.
« Que celui qui a des oreilles entende ce que l’Esprit dit aux églises !
Au vainqueur, je donnerai de manger de l’arbre de la vie
qui est au milieu du paradis de Dieu :
 ὅ ἐστιν ἐν  μέσῳ τοῦ παραδείσου τοῦ θεοῦ μου.
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Ici le paradis apparaît comme une une récompense,
une promesse après l’épreuve.
Le complément du nom « de dieu établit un parallèle avec  le jardin d’Éden.
Dans la Genèse, le paradis c’est le jardin d’Eden.
Donc le paradis serait  un retour au jardin d’Eden.
Et ici, on se trouve d’après le Canon des Ecritures, à la fin de la Bible.
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2) . L’expression dans le Premier Testament :
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Dans la Septante
En effet dans la Septante,
les traducteurs ont utilisé le mot grec  ὁ παράδεισος
pour reprendre l’expression qui signifie en hébreu littéralement :
« jardin en Eden »  ou  » jardin d’Eden » ;
on trouve le mot paradeisos paradis, ὁ παράδεισος
dans la Genèse, version de la Septante,  aux chapitres 2 et 3.
Le seigneur Dieu Planta un jardin (paradis) Gen 2,8
Cf. aussi Gen 2,10
2,15
3,1 et suivants.
Dans d’autres textes de la Bible on trouve :
en hébreu « jardin de Dieu »   » jardin du seigneur ».
traduits également dans la Septante par paradeisos.
Cette traduction de la Septante est celle que connaît l’auteur de l’Apocalypse,
II. Le choix du mot : étymologie et évolution sémantique : 
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Donc les juifs de langue grecque  qui ont traduit la Bible  pour la diaspora,
les soixante dix ou soixante douze traducteurs de la Septante,
 pourquoi ont-ils utilisé ce mot ?
Et tout d’abord d’où vient-il?
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1. Origine du mot:
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Il s’agit d’un mot du vieux perse (langue indo-européenne).
Ce mot vient de la région de l’Iran actuel
et signifie « un espace clos »
Le Pairi-daeza
(le premier mot correspond au grec péri, περί , autour)
« Autour » puisque le jardin est entouré d’un enclos.
Περιτοῖχος peritoichos,  désigne l’enceinte.
En effet,’idée de jardin repose  sur la notion de clôture,
de séparation, de protection.
Le mot perse désigne   »un parc royal clôturé » ,
un endroit magnifique et luxuriant au milieu du désert aride,
pour les puissants seigneurs,
un endroit irrigué de façon naturelle, avec des bassins et des cascades.
La végétation y est florissante,
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D’ailleurs, dans les religions du Moyen-Orient,
la représentation de la vie des dieux doit ces images à la vie des palais.
puis ces images sont passées également dans la Bible
dans le récit de la création.
On le trouve dans la littérature apocalyptique, par exemple chez Ezechiel.
Puis dans les écrits tardifs du Premier Testament également
Néhémie 2,8  (à chaque fois il s’agit d’un jardin royal d’un verger).
Voir aussi  Cantiques des Cantiques  4,13
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2. Evolution du mot chez les Grecs :
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Ce mot perse a été transformé par les Grecs.
Il apparaît pour la première fois vers 400 av. J.-C.
et désigne précisément le jardin d’un roi perse, chez Xénophon.
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III. Sens du mot dans le Nouveau Testament 
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1. Le paradis retrouvé ou restauré ?
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Donc on a l’idée d’un lieu agréable au milieu d’un lieu hostile,
 qui renvoie  au premier jardin le jardin d’Éden.
 La réalité des images paradisiaque contraste
avec la condition ou l’homme est réduit par le péché.
Dans le passage de  Luc 23,43,  le paradis promis par Jesus
est un lieu transformé  par sa présence  :
« Tu seras avec moi. « 
Tu seras avec moi.
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2. Un lieu ineffable
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Les textes du Nouveau Testament en disent moins sur ce paradis
que certains textes apocryphes par exemple.
Dans le langage Chrétien :  le paradis  devient le lieu  hors du monde.
Il est synonyme dans le langage du « ciel »
le « ciel dont on ne sait pas grand chose non plus sinon qu’il n’est pas notre monde
et qu’il est le « lieu » de Dieu.
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3. La vie du mot
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Dans le latin :
le mot est paradisus pour traduire le grec paradeisos.
Il désigne le jardin d’Eden
 et le séjour des justes au ciel  par opposition à l’enfer.
cf. les Pères de l’Eglise.
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Au Moyen Age :
On peut noter aussi que le mot parvis
est issu par évolution phonétique
du mot paradis  dans son sens d’   »enclos »
Il désigne le portique, le vestibule situé devant une église,
 la place  devant la façade (mot attesté en 1300)
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Aujourd’hui :
Le sens du mot s’est élargi :
« les paradis artificiels de Baudelaire… » par exemple.
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Conclusion : 
Donc nous pouvons dire que le « paradis » dans la Bible,
présent dans la Genèse et dans l’Apocalypse,
au début et à la fin,
renvoie à la création et au bonheur ,
au bonheur perdu et retrouvé :
au désir de ce qui est « bon pour l’homme »
ce que le Christ par sa mort vient restaurer.
(Luc : Jésus au criminel sur la croix)
Le substrat du mot demeure dans le langage courant :
le désir de restauration d’ un bonheur perdu,
le désir de protection…
Le désir de combler ce désir en l’homme …
un désir inépuisable et ineffable en ce monde.
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Bibliographie :
LEON-DUFOUR X. Vocabulaire de Théologie biblique (Paris, Cerf 1962) paris 1962
REY Alain article « paradis » dans le dictionnaire historique de la langue française, Robert.
ROLLIN P. Des mots de  la Bible , « paradeisos » page 115 et s. (édition Passiflores , 2010)

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