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14 mars 2020

Sam. 14/03/20 Lc 15,1-3.11-32

Classé dans : au fil des jours — evangilegrec @ 0 h 01 min

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ici la transcription avec analyse Lc 15,11 et s.

Dans la TOB 

Lc 15,1-3.11-32
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1
Ἦσαν δὲ αὐτῷ ἐγγίζοντες πάντες οἱ τελῶναι καὶ οἱ ἁμαρτωλοί,
Or, tous les collecteurs d’impôts et les pécheurs s’approchaient de lui
ἀκούειν αὐτοῦ.
pour l’entendre.
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2
Καὶ διεγόγγυζον οἱ τε Φαρισαῖοι καὶ οἱ γραμματεῖς
Et les pharisiens et les scribes murmuraient,
λέγοντες ὅτι
disant :
Οὗτος ἁμαρτωλοὺς προσδέχεται,
Celui-ci reçoit des pécheurs
καὶ συνεσθίει αὐτοῖς.
et mange avec eux !
-
3
- Εἶπεν δὲ πρὸς αὐτοὺς τὴν παραβολὴν ταύτην, λέγων,
Mais il leur dit cette parabole :
[...]
11
Εἶπεν δέ, Ἄνθρωπός τις εἶχεν δύο υἱούς:
Et il dit : Un homme avait deux fils ;
-
12
καὶ εἶπεν ὁ νεώτερος αὐτῶν τῷ πατρί,
et le plus jeune dit à leur père :
Πάτερ, δός μοι τὸ ἐπιβάλλον μέρος τῆς οὐσίας.
Père, donne-moi la part du bien qui me revient.
 Ὁ δὲ διεῖλεν αὐτοῖς τὸν βίον.
Et il leur partagea ses moyens de vivre / sa vie ↓
-
ὁ βίος : le premier sens = la vie,
puis par dérivation = les moyens de vivre. 
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13
Καὶ μετ’ οὐ πολλὰς ἡμέρας
Et après peu de jours
συναγαγὼν πάντα ὁ νεώτερος υἱὸς ἀπεδήμησεν
ayant tout amassé, le plus jeune fils  partit de sa maison
εἰς χώραν μακράν,
vers un territoire éloigné,
καὶ ἐκεῖ διεσκόρπισεν τὴν οὐσίαν αὐτοῦ,
et là          il dissipa son bien
ζῶν ἀσώτως.
en vivant dans un état désespéré. (on pourrait dire : sans moyen de salut, cf. étymologie ci-après)
-
ἡ οὐσία, ας : formé à partir du participe féminin οὖσα du verbe être : εἰμι
1er sens: fortune propriété.
2è sens : terme philosophique : essence, être, existence.
ζῶν : participe présent de ζάω : vivre, être vivant, rester vivant,
(cf. plus loin : revenir à la vie)
ἀσώτως étymologie : vient de α privatif +σώτ-ως ,
 et est formé sur la même racine que celle du verbe σῴζω sauver
 et celle de σῶς (adj.): sauvé.  ως est le suffixe qui sert à former les adverbes.
Autre dérivé : σωτήρ : sauveur, qui sauve
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14
Δαπανήσαντος δὲ αὐτοῦ πάντα,
Et quand il eut tout dépensé,
ἐγένετο λιμὸς  ἰσχυρὰ κατὰ τὴν χώραν ἐκείνην,
il survint une grande famine en ce pays-là,
καὶ αὐτὸς ἤρξατο ὑστερεῖσθαι.
et lui-même commença à être dans l’indigence.
-
15
Καὶ πορευθεὶς ἐκολλήθη ἑνὶ τῶν πολιτῶν τῆς χώρας ἐκείνης:
et il alla se mettre au service de l’un des habitants de ce pays-là
ἐκολλήθη : 3è sg. de l’aoriste passif  de κολλάομαι se mettre au service de…(allant, il se mit = il alla se mettre)
καὶ ἔπεμψεν αὐτὸν εἰς τοὺς ἀγροὺς αὐτοῦ βόσκειν χοίρους.
qui l’envoya dans ses champs pour                    paître des porcs.
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16
Καὶ ἐπεθύμει χορτασθῆναι ἐκ τῶν κερατίων
Et il désirait se remplir le ventre des gousses
ὧν ἤσθιον οἱ χοῖροι:
que les pourceaux mangeaient,
(attraction du relatif au cas de son antécédent)
καὶ οὐδεὶς ἐδίδου αὐτῷ.
mais personne ne lui en donnait.
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17
Εἰς ἑαυτὸν δὲ ἐλθὼν  ἔφη
Etant donc rentré en lui-même, il dit :
Πόσοι μίσθιοι τοῦ πατρός μου περισσεύονται ἄρτων,
Combien de mercenaires de mon père ont du pain en abondance,
ἐγὼ δὲ λιμῷ  ὧδε ἀπόλλυμαι
et moi ici je meurs de faim !
-
Εἰς ἑαυτὸν δὲ ἐλθὼν : (ἐλθὼν participe aoriste de ἐρχόμαι :
littéralement, « étant venu » en lui-même),
ce qui mime un retour vers son intériorité. 
Εἰς : préposition qui indique le mouvement vers
et ἑαυτὸν :
pronom personnel réfléchi qui renvoie au sujet de la proposition.
L’emploi du verbe ἀπόλλυμαι, je meurs est intéressant également,
en opposition au vocabulaire de la résurrection qui se trouve dans la parabole :
voir le mot suivant :  
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18
ἀναστὰς πορεύσομαι πρὸς τὸν πατέρα μου, καὶ ἐρῶ αὐτῷ,
m’étant levé, j’irai vers mon père, et je lui dirai :
Πάτερ, ἥμαρτον εἰς τὸν οὐρανὸν καὶ ἐνώπιόν σου:
Père, j’ai péché contre le ciel                 et devant toi !
ἀναστὰς m’étant levé… participe aoriste de :
ἀνίστημι qui signifie aussi  » se lever, ressusciter »
(on peut traduire la succession des verbes par :
je me lèverai et j’irai…)
sur ce verbe ἀνίστημι voir : article ressusciter
Ici encore un double sens du verbe qui est voulu pour comprendre la parabole. 
Πάτερ, ἥμαρτον εἰς τὸν οὐρανὸν καὶ ἐνώπιόν σου: 
se comprend bien dans ce contexte de retour sur soi, de passage de la mort à la vie.
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19
 οὐκέτι εἰμὶ ἄξιος κληθῆναι υἱός σου:
Je ne suis plus digne d’être appelé ton fils :
ποίησόν με ὡς ἕνα τῶν μισθίων σου.
traite-moi comme l’un de tes mercenaires.
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20
Καὶ ἀναστὰς ἦλθεν πρὸς τὸν πατέρα ἑαυτοῦ .
Et s’étant levé, il vint vers son père.
Ἔτι δὲ αὐτοῦ μακρὰν ἀπέχοντος,
Et comme il était encore loin,
(génitif absolu)
εἶδεν αὐτὸνὁ πατὴρ αὐτοῦ,
son père le vit
καὶ ἐσπλαγχνίσθη,
et fut ému de compassion,
καὶ δραμὼν ἐπέπεσεν ἐπὶ τὸν τράχηλον αὐτοῦ,
et il courut se jeter à son cou,
καὶ κατεφίλησεν αὐτόν.
et l’aima complètement.
-
δραμὼν : participe aoriste de τρέχω i(littéralement : ayant couru, il se jeta…)
ἐσπλαγχνίσθη : aoriste passif de σπλαγχνίζω : 
être ému jusqu’aux entrailles (ce verbe a souvent Jésus pour sujet dans le NT)
ἐπέπεσεν : aoriste de  ἐπιπίπτω, se jeter sur = ἐπι (sur) πίπτω (tomber)
κατεφίλησεν : κατ + (εφίλησεν, verbe φίλέω, aimer).
Le préverbe qui s’ajoute au verbe aimer
peut exprimer ici l’idée d’achèvement, une forme d’insistance. 
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21
Εἶπεν δὲ  ὁ υἱὸς αὐτῷ,
Et le fils lui dit :
Πάτερ,
Père,
ἥμαρτον εἰς τὸν οὐρανὸν καὶ ἐνώπιόν σου,
j’ai péché contre le ciel          et devant toi !
οὐκέτι εἰμὶ ἄξιος κληθῆναι υἱός σου.
Je ne suis plus digne d’être appelé ton fils.
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22
Εἶπεν δὲ ὁ πατὴρ πρὸς τοὺς δούλους αὐτοῦ, 
Mais le père dit à ses serviteurs :
Ταχὺ ἐξενέγκατε στολὴν τὴν πρώτην
Vite apportez une robe, la première
καὶ ἐνδύσατε αὐτόν,
et l’en revêtez,
καὶ δότε δακτύλιον εἰς τὴν χεῖρα αὐτοῦ,
et mettez à sa main un anneau,
καὶ ὑποδήματα εἰς τοὺς πόδας:
et des souliers à ses pieds ;
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23
καὶ φέρετε τὸν μόσχον τὸν σιτευτὸν θύσατε,
et amenez le veau gras, sacrifiez-le
καὶ φαγόντες εὐφρανθῶμεν:
et mangeons et réjouissons-nous ;
-
εὐφρανθῶμεν subjonctif aoriste passif de εὐφραίνω, réjouir , au passif : se réjouir
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24
ὅτι οὗτος ὁ υἱός μου νεκρὸς ἦν, 
parce que mon fils que voici était mort,
νεκρὸς, adjectif : ailleurs un verbe (mourir) , voir les variantes ci-dessous.
καὶ ἀνέζησεν:
et il est revenu à la vie ;
ἀνα (à nouveau)  + έζησεν de ζάω, vivre
ἦν ἀπολωλώς ,
il était perdu,
ἀπολωλώς du verbe ἀπόλλυμι,  au participe parfait, détruire, perdre
(verset 17 : est à la voix moyenne, se perdre)
καὶ εὑρέθη.
et il est retrouvé.
Καὶ ἤρξαντο εὐφραίνεσθαι.
Et ils commencèrent à se réjouir.
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25
Ἦν δὲ ὁ υἱὸς αὐτοῦ ὁ πρεσβύτερος ἐν ἀγρῷ:
Mais son fils aîné était aux champs.
καὶ ὡς ἐρχόμενος ἤγγισεν τῇ οἰκίᾳ,
Et lorsqu’en revenant il approcha de la maison,
ἤκουσεν συμφωνίας καὶ χορῶν.
il entendit de la musique et des danses.
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26
Καὶ προσκαλεσάμενος ἕνα τῶν παίδων,
Et ayant appelé à lui un des serviteurs,
ἐπυνθάνετο τί  ἂν εἴη ταῦτα.
il s’informait de ce que c’était.
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27
Ὁ δὲ εἶπεν αὐτῷ ὅτι
Et celui-ci lui dit :
Ὁ ἀδελφός σου ἥκει:
Ton frère est là,
καὶ ἔθυσεν ὁ πατήρ σου τὸν μόσχον τὸν σιτευτόν,
et ton père a tué le veau gras,
ὅτι ὑγιαίνοντα αὐτὸν ἀπέλαβεν.
parce qu’il l’a recouvré en bonne santé.
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28
Ὠργίσθη δέ,
Mais il se mit en colère,
καὶ οὐκ ἤθελεν εἰσελθεῖν :
et il ne voulait pas entrer.
ὁ δὲ πατὴρ αὐτοῦ ἐξελθὼν παρεκάλει αὐτόν.
Et son père étant sorti, le suppliait (ou : le consolait).
-
παρεκάλει imparfait de παρακαλέω :
prier, supplier, réconforter, consoler (le Paraclet : le Consolateur)
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29
Ὁ δὲ ἀποκριθεὶς εἶπεν τῷ πατρὶ αὐτοῦ
Mais  il dit en réponse à son père :
 Ἰδού,
Voici
τοσαῦτα ἔτη δουλεύω σοι,
il y a tant d’années que je te sers,
καὶ οὐδέποτε ἐντολήν σου παρῆλθον,
et je ne suis jamais allé contre ton commandement,
οὐδέποτε : ne …jamais 
ἐντολήν σου : ton commandement, mot qui fait écho à d’autres passages du NT 
καὶ ἐμοὶ οὐδέποτε ἔδωκας ἔριφον,
et tu ne m’as jamais donné un chevreau
ἵνα μετὰ τῶν φίλων μου εὐφρανθῶ.
pour me réjouir avec mes amis.
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30
Ὅτε δὲ ὁ υἱός σου οὗτος ὁ καταφαγών σου τὸν βίον μετὰ πορνῶν
Mais quand ton fils que voici, qui a dévoré ton bien (ta vie)  avec des prostituées,
ἦλθεν,
est venu,
ἔθυσας αὐτῷ τὸν  σιτευτὸν μόσχον.
tu as sacrifié pour lui le veau gras.
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31
Ὁ δὲ εἶπεν αὐτῷ,
Mais il lui dit :
Τέκνον,
Mon enfant,
σὺ πάντοτε μετ’ ἐμοῦ εἶ,
toi, toujours tu es avec moi,
καὶ πάντα τὰ ἐμὰ σά ἐστιν.
et tout ce que j’ai est à toi.
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32
Εὐφρανθῆναι δὲ καὶ χαρῆναι ἔδει:
Mais il fallait bien s’égayer et se réjouir,
ὅτι ὁ ἀδελφός σου οὗτος νεκρὸς ἦν,
parce que ton frère que voici était mort,
καὶ ἔζησεν
et qu’il est revenu à la vie ;
καὶ ἀπολωλὼς,
et il était perdu,
(participe parfait de ἀπολλύμι : détruire, anéantir, tuer, se perdre)
καὶ εὑρέθη.
il a été retrouvé.
passif de εὑρίσχω trouver, retrouver

 

5 juin 2019

Discours d’adieu et prière sacerdotale (Jean)

Classé dans : — evangilegrec @ 17 h 32 min

Discours d’adieu et prière au Père : 

Jésus fait un long discours après la Cène.

Celui-ci s’étend sur 3 chapitres : de 13,33 au chapitre 17.

Au chapitre 17,

l’évangéliste a introduit une prière au Père,

qu’on a appelée « prière sacerdotale » dans la tradition

(il n’y a pas d’institution du Notre Père dans l’évangile de Jean

et certains commentateurs font le parallèle avec ce passage

où Jésus invoque son père en répétant deux fois : 

πατέρ au vocatif.) 

 

I. Le plan de ces trois chapitres : 

 

On peut voir trois parties :

Un premier discours d’adieu : 13,33 à 14,31.

Jésus dit à ses disciples (Τεκνία « petits enfants »)

qu’il va vers le Père :

ὅτι Ὅπου ἐγὼ ὑπάγω , ὑμεῖς οὐ δύνασθε ἐλθεῖν

… que là où je vais , vous, vous ne pouvez venir.

C’est l’annonce de sa mort et de sa résurrection.

Une sorte d’anticipation dans le discours de ce qui adviendra

ensuite dans le récit.

 

Un deuxième discours d’adieu : de 14,31 à 16

après :

Ἐγείρεσθε, ἄγωμεν ἐντεῦθεν

Levez-vous, partons d’ici

 

Jésus montre à ses disciples le rapport qu’ils ont avec le monde.

 

Enfin une troisième partie, la « prière sacerdotale ».

commence par :

καὶ ἐπῆρεν τοὺς ὀφθαλμοὺς αὐτοῦ εἰς τὸν οὐρανόν

et il leva les yeux au ciel …17,1

Dans les autres évangiles, les Synoptiques, on ne trouve pas de discours équivalent.

De même, le lavement des pieds qui précède ces discours, n’appartient qu’à Jean.

 

Le « discours d’adieu » est un topos de la littérature juive et de la littérature grecque :

par exemple, on connaît le discours de Jacob à ses enfants,

ou le discours de Socrate à ses disciples avant sa mort

ces discours suivent tous le même schéma comportant trois éléments :

 

(le discours est au style direct)

1.un regard rétrospectif sur le passé. (une relecture des évènements).

2. des exhortations (une sorte de testament : que faire de ce que le défunt laisse en héritage)

et

3. l’annonce des événements à venir, un envoi…

 

Ici dans le discours d’adieu, il y a un paradoxe :

celui qui s’en va se rend présent d’une autre façon.

En effet, celui qui meurt au moment où il meurt offre

un « chemin » de vie, et une ouverture à la vérité.

 

II. Ce que dit Jésus : 

 

Le Christ est élevé, glorifié.

Le temps après Pâques n’est pas le temps de l’absence,

mais le temps d’une nouvelle présence en la personne du « paraclet » l’Esprit Saint.

Dans ses paroles, Jésus anticipe sur ce qui arrivera juste après

(et que les disciples ne sont pas encore capables de comprendre.)

 

L’essentiel du message au début est :

 

L’absent sera présent autrement,

et pour être ainsi présent il doit s’en aller, paradoxe !

« je ne vous laisserai pas orphelins, je viens » Jn 14,18

Celui qu’on ne voit plus est celui qui communique la vie à ses disciples.

Ἔτι μικρὸν καὶ ὁ κόσμος με οὐκέτι θεωρεῖ,

ὑμεῖς δὲ θεωρεῖτέ με : ὅτι ἐγὼ ζῶ, καὶ ὑμεῖς ζήσεσθε.

Encore, un peu de temps, et le monde ne me verra plus ;

mais vous, vous me verrez : parce que je vis, vous aussi, vous vivrez.

14,19

Jésus donne à ses disciples le Paraclet

(c’est le nom donné à l’Esprit Saint, précédemment nommé : πνεῦμα ἃγιος)

le paraclet est l’avocat, celui qu’on appelle (kaléo) à côté (para) dans un tribunal.

et c’est le consolateur

(παρακαλέω : appeler à ses côtés, ou consoler)

 

Le « premier discours d’adieu » se termine par

« « levez-vous partons d’ici » (14,31)

 

Contenu du deuxième discours : 

2.

Puis commence un nouveau discours de Jésus.

Le second a pour objet ce que deviendront les disciples,

comment ils vivront ensemble.

Les verbes « rester » et « demeurer » reviennent souvent.*

De même, les mots « amour » « ἀγάπη

et « joie » χαρὰ sont répétés à plusieurs reprises.

Se mêlent la tristesse λύπη du départ

(ils ont besoin d’être consolés)

et l’annonce de la joie à venir :

ἀλλ’ ἡ λύπη ὑμῶν εἰς χαρὰν γενήσεται.

« Mais votre tristesse sera changée en joie » 

16,20

(Notons qu’Eucharistie comporte

cette idée de la joie par le préfixe ευ 

et la grâce χάρις,

le discours d’adieu chez Jean

est placé à l’endroit où les autres évangélistes synoptiques

racontent le repas et l’action de grâce de Jésus) 

 

Jésus parle aussi de l’ignorance et de la connaissance :

seul l’acte de foi (la confiance) permet la connaissance.

Les verbes « connaître » « demander » «  entendre » sont répétés

Souvent le verbe « faire » est repris : « comme je fais, faites aussi… »

 *

A noter que :

En 15,20, on trouve le verbe μιμνῄσκομαι:

Μνημονεύετε (souvenez-vous » /et 16,4 : « se souvenir » ) :

La  racine de « demeurer » μένω 

est  *men /mon ( ou ex. manere en latin) 

et la racine de μιμνῄσκομαι qui est *men/mon aussi

mais elle renvoie à  tout ce qui touche à l’esprit « mens » :

ce sont deux racines homophones différentes.

cf.Ndiaye Emilia De l’indo-européen au latin et au grec (Safran) p.75

 

3.

Dans un troisième temps, au chapitre 17, nous lisons la prière sacerdotale :

 

Après avoir fait ses adieux à ses disciples en leur livrant un enseignement,

Jésus se tourne vers son père.

On appelle cette prière « sacerdotale »

car Jésus est glorifié dans sa prière même.

La prière elle-même transmet la vie éternelle :

c’est un chemin vers le Père.

 

Jésus confie le monde à ses disciples

et part vers le Père (importance du verbe erchomai)

le kosmos : où restent les disciples

le don de soi : verbe didomi à plusieurs reprises comme un refrain.

apostello : envoyer repris également.

l’argument de l’unité est introduit aux versets 22-23.

 

Verset 13 : ils ne sont « pas du monde »

signifie qu’ ils ne dépendent pas d’un mal qui agit dans le monde,

car on peut superposer l’expression « du mal » (plus loin) et « du monde ».

Jésus demande de sanctifier les hommes : verset17

Les versets 20-23 parlent de l’unité :

l’unité du Père et du Fils

et au verset 23 : « que les hommes aussi soient un. »

Le rythme ternaire souligne la trinité sous-jacente,

le Père, le Fils et l’Esprit donné aux hommes :

« moi en eux / toi en moi/ qu’ils soient un ».

et :

« que tu m’as envoyé /

et que tu les as aimé /

comme tu m’as aimé ».

L’unité est soulignée par le jeu des pronoms.

 

Le choix du neutre singulier en  17,24 ὃ « ce que »

souligne l’unité des croyants « ce que tu m’as donné »,

 Mais certaines leçons des manuscrits donnent οὓς

le pronom relatif accusatif pluriel.

Le pronom relatif au neutre singulier

est repris par le pluriel :

est-ce la reconnaissance de la pluralité des hommes

et leur unité tout à la fois ?

κἀκεῖνοι (crase pour καί ἐκεῖνοι) « ceux-là aussi » (soient avec moi)

 

Le chapitre 17 se termine par l’amour : le lien, ce qui fait connaître…

 

Ainsi les trois mots de 14,6 :

« je suis le chemin, la vérité et la vie » (de Jésus à ses disciples)

sont éclairés par la fin.

 

Conclusion : 

Donc il n’y a que dans l’évangile de Jean que l’on trouve ces discours.

Le caractère intemporel est souligné par certaines expressions comme en 17,20 :

« ce n’est pas pour ceux-ci que je demande mais pour ceux qui croient en moi »

article + participe présent : τῶν πιστευόντων

(le présent est ici employé pour sa valeur générale)

ἀλλὰ καὶ περὶ τῶν πιστευόντων διὰ τοῦ λόγου αὐτῶν εἰς ἐμέ

L’ensemble est un testament adressé à tout homme pour tous les temps.

Jésus souhaite la paix et la joie aux hommes.

Pour la forme, elle est unique chez Jean, on ne la trouve pas chez les Synoptiques :

Jean use de mots dont la valeur théologique est à souligner, nous avons vu

la place de « comme » ,

la place des pronoms,

la répétition des mots et le rythme ternaire comme pour mieux dire la trinité,

et la mise en valeur de certains mots par leur répétition :

« aimer », « sanctifier », « glorifier ».

Voir aussi Jn 15,9-17 le commentaire 

 

 

 

Connaître γινώσκειν (ginoskein) et savoir εἰδέναι (eidénai)

Classé dans : — evangilegrec @ 10 h 06 min

Connaître γινώσκειν (ginoskein) et εἰδέναι (eidénai)

Nous analysons deux mots grecs pour dire l’un   »connaître », l’autre « savoir ».

Nous montrons leurs usages dans le Premier Testament,

puis dans le Deuxième Testament,

les nuances de sens qui permettent de faire la différence entre les deux,

enfin nous montrerons en quoi ces deux mots permettent d’exprimer la connaissance de Dieu.

 

I. Le mot « connaître » dans le Premier Testament et étymologie

Il renvoie à l’expérience concrète de quelque chose

ou de quelqu’un (entrer en relation avec lui)

et non à une connaissance théorique et intellectuelle.

C’est vrai à la fois pour le mot  γινώσκειν (ginoskein)

et pour savoir εἰδέναι (eidénai)

Connaître Dieu c’est : 

  • être sous le coup de son jugement,

 

Ez 12,15 : version de la Septante :

καὶ γνώσονται διότι ἐγὼ κύριος

et ils connaîtront que je suis le seigneur

 

  • ou entrer dans son Alliance :

 

Dieu se fait connaître mais le peuple refuse de le connaître :

τοίνυν αἰχμάλωτος ὁ λαός μου ἐγενήθη

διὰ τὸ μὴ εἰδέναι αὐτοὺς τὸν κύριον

« Aussi mon peuple est devenu captif 

parce qu’ils n’ont pas connu le Seigneur »

Is 5,13 (Septante)

-

Dans ces deux exemples de la Septante,

on trouve deux verbes différents pour dire « connaître ».

Le deuxième verbe est un ancien parfait οἶδα à l’infinitif, dans le texte.

 

La valeur du parfait insiste sur le résultat présent d’une action passée :

-thème eidô*,  qu’on trouve dans εἶδον (eidon) aoriste de ὁράω (oraô) – voir :

ainsi, on connaît pour avoir vu.

Quant au premier verbe :

C’est le futur de γινώσκω (ginôskô)

Dans ginosko, le suffixe σκω (sko)

marque un effort répété pour obtenir quelque chose :

Donc le sens est :

apprendre à connaître, venir à la connaissance, connaître

 

Comme διδάσκω, γίνώσκω (γιγνώσκω dans l’usage classique)

est un présent à redoublement expressif où le suffixe σκω

  »semble » (CHANTRAINE) exprimer une action que l’on répète pour réussir. 

γίνώσκω : apprendre à connaître peu à peu

διδάσκω : enseigner par des leçons répétées

 

II. Dans le Deuxième Testament : 

 

Les verbes « connaître » γινώσκειν (ginoskein) et εἰδέναι (eidénai) « savoir »

sont souvent employés et semblent garder la plupart du temps, leurs nuances.

 

A la Pentecôte le don de l’Esprit Saint permet la vraie connaissance de Dieu.

Jean marque, plus que les Synoptiques, les étapes de la conversion :

Ἐγώ εἰμι ὁ ποιμὴν ὁ καλός, καὶ γινώσκω τὰ ἐμά, καὶ γινώσκουσίν με τὰ ἐμά .

Jn 10,14 :

Moi je suis le bon berger, et je connais les miennes (mes brebis)

et elles me connaissent »

La connaissance est possible sous la conduite du berger

(image fréquente du Christ berger)  :

Le verbe est employé à la voix active puis à la voix passive,

ce qui suggère la circulation de l’Esprit.

Le sens étymologique souligne une connaissance progressive

par une longue fréquentation.

 

Καθὼς γινώσκει με ὁ πατήρ,

κἀγὼ γινώσκω τὸν πατέρα :

καὶ τὴν ψυχήν μου τίθημι ὑπὲρ τῶν προβάτων

 

Ici les corrélatifs : Καθὼς (comme/de même que … καὶ, de même)

sont aussi l’expression

de cette union du Père et du Fils, chacun gardant sa singularité,

et le deuxième kai (κἀγὼ est une crase pour kai égo) 

introduit au don fait aux hommes, qui entrent de ce fait dans le cercle de l’amour

du Fils pour le Père, du Père pour le Fils,

et dans la glorification.

Donc dans ce verset, on passe de la connaissance à la participation à la gloire de Dieu.

 

τίθημι (tithèmi) : premier sens « je dépose » = je donne (sur la croix) 

τὴν ψυχήν (tèn psuchèn) : ma vie , au sens de « souffle de vie ». 

Encore une fois, le verbe γινώσκω apparaît dans son sens étymologique :

on insiste sur le procès, la connaissance répétée, voulue.

 

Ταῦτα ἐν παροιμίαις λελάληκα ὑμῖν ·

ἔρχεται ὥρα ὅτε οὐκέτι ἐν παροιμίαις λαλήσω ὑμῖν,

ἀλλὰ παρρησίᾳ περὶ τοῦ πατρὸς ἀπαγγελῶ ὑμῖν. Jn 16,25

L’énigme dure jusqu’à ce que « ouvertement » l’annonce soit faite.

ἀπαγγελῶ : le verbe a le sens de « faire connaître » littéralement : sortir pour être annoncé

 

Est-ce que les verbes γινώσκειν (ginoskein) et εἰδέναι (eidénai)

ont des emplois spécifiques dans le NT ?

 

Dans la lettre de Jean, nous retrouvons dans un même paragraphe

les verbes « savoir » et « connaître » :

Οἴδαμεν δὲ ὅτι ὁ υἱὸς τοῦ θεοῦ ἥκει,

 

Nous savons que le fils de Dieu vient

καὶ δέδωκεν ἡμῖν διάνοιαν ἵνα γινώσκωμεν τὸν ἀληθινόν: …

et qu’il nous a donné le discernement pour connaître le vrai

καί ἐσμεν ἐν τῷ ἀληθινῷ, ἐν τῷ υἱῷ αὐτοῦ Ἰησοῦ χριστῷ.

Et nous sommes dans le vrai, dans son Fils Jésus Christ

Οὗτός ἐστιν ὁ ἀληθινὸς θεός, καὶ  ἡ ζωὴ ἡ αἰώνιος .

Celui-ci est le vrai Dieu , et la vie éternelle.

1Jn 5,20

Ici le verbe Οἴδαμεν est bien traduit par « savoir (un résultat)

et  γινώσκειν par connaître : un long processus de vie.

 

De plus, chez Jean, la vie éternelle est définie par :

« te connaître toi le seul véritable Dieu et ton envoyé Jésus Christ » 

Αὕτη δέ ἐστιν ἡ αἰώνιος ζωή,

ἵνα γινώσκωσίν σε τὸν μόνον ἀληθινὸν θεόν,

καὶ ὃν ἀπέστειλας Ἰησοῦν χριστόν.

Jn 17,3

Saint Paul aussi abandonne la sagesse théorique

(cf. monde grec, philosophie, la sophia)

et emploie souvent le verbe εἰδέναι

pour dire que la connaissance est permise par la présence

de l’Esprit saint qui permet de connaître  γινώσκειν Dieu.

Par exemple : 1Co 2,11.12

 

Peut-être y a-t-il le souvenir des vocables de la Septante ?

 

 III. Le sens de la connaissance : une connaissance imparfaite.

Au-dessus de la connaissance : l’amour

 

Finalement si « connaître » avec le suffixe sko marquant l’ effort,

est souvent employé,

c’est que la connaissance n’est pas un but en soi, et n’est jamais finie (remplie/ complète).

La connaissance de l’amour de Dieu surpasse toute connaissance :

ce n’est pas une connaissance qui rend orgueilleux.

Car connaître ne suffit pas

Ce qui compte c’est connaître l’amour

Connaître et amour sont liés dans le verset suivant :

γνῶναί τε τὴν ὑπερβάλλουσαν τῆς γνώσεως ἀγάπην τοῦ χριστοῦ,

ἵνα πληρωθῆτε εἰς πᾶν τὸ πλήρωμα τοῦ θεοῦ.

Ep 3,19

En effet :

Notre connaissance est limitée, Dieu lui est l’illimité.

Le grec serait donc bien une « langue théologique » (titre d’un ouvrage, cf. bibliographie)

capable de faire comprendre l’incomplétude de notre connaissance.

(cf. l’arbre de la connaissance dans la Genèse et le lien avec l’orgueil :

Gn 2,9 Version de la Septante :

τὸ ξύλον τοῦ εἰδέναι γνωστὸν καλοῦ καὶ πονηροῦ.

L’arbre qui fait savoir ce que l’on peut connaître du bien et du mal

Dans ce passage de la Genèse, on trouve les deux verbes:

γνωστὸν étant l’adjectif verbal qui exprime la possibilité, 

Dieu interdit à Adam et Eve d’y toucher. )

-

Donc connaître c’est connaître la Vérité : 

« véritable » se dit a-lethès, non caché :

c’est par la révélation que la connaissance est possible. 

C’est une nouvelle naissance « con-naissance »

(étymologiquement : « naître avec » )

une naissance avec l’Esprit Saint. 

Connaître la vérité c’est s’ouvrir au Logos,

par le logos s’ouvre un espace possible :

un dialogue (dia-logos) .

La circulation est possible entre les personnes de la trinité par l’agapè :

le lien de l’amour-tendresse.

La vérité est recherche et non acquisition (suffixe -sko de ginosko) 

ou le résultat présent d’un lien intime (verbe oida) qui n’est pas fini.

« Je suis le chemin » (vers Dieu, jamais fini, contraire de la possession) 

« la vérité » (ce qui se révèle)

et la Vie (vie nouvelle avec l’Esprit Saint) 

Dans le Premier Testament : 

On peut rapprocher l’idée de connaissance du mot  amen = en vérité,

c’est-à-dire : je m’appuie sur quelque chose de sûr, je suis fidèle.

On pourrait rajouter que le verbe γινώσκειν apparaît plusieurs fois en composition :

par exemple, ἐπιγινώσκω apparaît 7 fois dans l’évangile de Luc.

(et signifie reconnaître, mais aussi « découvrir après une enquête » Lc 1,4 par exemple

dans le prologue de Luc)

 

2 juin 2019

Dim. 02/06/19 Jn 17,20-26

Classé dans : au fil des jours — evangilegrec @ 0 h 01 min
Jn 17,20-26
-
TOB ⬅︎ Cliquez ici
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Ecouter l’Evangile en grec (prononciation du grec moderne) 
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Ecouter l’Evangile en grec (prononciation érasmienne)
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Texte grec seul (chapitre 17) : cliquez ➨ ici
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17,20
Οὐ περὶ τούτων δὲ ἐρωτῶ μόνον,
Or, ce n’est pas pour eux seulement que je prie,
ἀλλὰ καὶ περὶ τῶν πιστευόντων
mais aussi pour ceux qui croient
διὰ τοῦ λόγου αὐτῶν εἰς ἐμέ:
en moi par leur parole ;
-
διὰ + génitif : par : au moyen de, par l’intermédiaire de, à travers
C’est-à-dire : Pour ceux qui croiront en moi grâce à la parole de ceux-ci,
 τούτων : pronom démonstratif génitif pluriel, désigne ce qui est proche 
αὐτῶν : pronom personnel génitif pluriel, reprend le pronom démonstratif.
-
21
ἵνα πάντες ἓν ὦσιν:
afin que tous ils soient un,
ἓν : adjectif numéral au neutre :
εἵς, μία, ἕν, un , un seul (cf. racine latine : •sem, dans semel…)
καθὼς σύ,
comme toi,
καθὼς : comme, de même que
(très fréquent chez Jn, exprime plus l’inhabitation que la copie)
πάτερ,
Père,
ἐν ἐμοί,
tu es en moi
verbe être sous-entendu (comme souvent) donne une concision à l’expression
κἀγὼ ἐν σοί,
et moi en toi,
ἵνα καὶ αὐτοὶ ἐν  ἡμῖν ὦσιν:
qu’eux aussi soient un en nous,
ὦσιν : subjonctif du verbe être. ἵνα : reprend le premier ἵνα du verset.
ἵνα ὁ κόσμος πιστεύῃ 
afin que le monde croie
ὅτι σύ με ἀπέστειλας.
que c’est toi qui m’as envoyé.
-
22
 Κἀγὼ  τὴν δόξαν ἣν δέδωκάς μοι,
Et moi, la gloire que tu m’as donnée,
COD antéposé
δέδωκα αὐτοῖς,
je (la) leur ai donnée,
ἵνα ὦσιν ἕν,
afin qu’ils soient un
καθὼς ἡμεῖς ἕν.
comme nous sommes un,
-
23
Ἐγὼ ἐν αὐτοῖς,
moi en eux,
καὶ σὺ ἐν ἐμοί,
et toi en moi,
ἵνα ὦσιν τετελειωμένοι εἰς ἕν,
afin qu’ils soient parvenus à l’unité parfaite,
τετελειωμένοι : participe parfait passif de τελειόω .
rendre parfait, mener à bien, au passif : atteindre la perfection
 ἵνα  γινώσκῃ ὁ κόσμος ὅτι
afin que le monde connaisse que
σύ με ἀπέστειλας,
c’est toi qui m’as envoyé
καὶ ἠγάπησας αὐτούς,
et que tu les as aimés
καθὼς ἐμὲ ἠγάπησας.
comme tu m’as aimé.
-
24
Πάτερ,
Père,
 ὃ δέδωκάς μοι,
ce que tu m’as donné,
  : neutre singulier, on peut traduire par « ceux que » :
vu que le pronom relatif est repris par κἀκεῖνοι, ci-après.
θέλω ἵνα
je veux que,
ὅπου εἰμὶ ἐγώ,
là où moi je suis,
κἀκεῖνοι ὦσιν μετ’ ἐμοῦ:
eux aussi soient avec moi,
ἵνα θεωρῶσιν τὴν δόξαν τὴν ἐμήν,
afin qu’ils contemplent ma gloire,
θεωρῶσιν : plus que simplement « voir » , racine de « théâtre », « théorie »…
ἣν δέδωκάς μοι,
celle que tu m’as donnée
ὅτι ἠγάπησάς με πρὸ καταβολῆς κόσμου.
parce que tu m’as aimé avant la fondation du monde.
-
25
Πάτερ δίκαιε,
Père juste,
καὶ ὁ κόσμος σε οὐκ ἔγνω,
même le monde  ne t’a point connu ;
ἐγὼ δέ σε ἔγνων,
mais moi, je t’ai connu,
καὶ οὗτοι ἔγνωσαν ὅτι
et ceux-ci ont connu que
σύ με ἀπέστειλας·
c’est toi qui m’as envoyé.
-
26
καὶ ἐγνώρισα αὐτοῖς τὸ ὄνομά σου,
Et je leur ai fait connaître ton nom,
καὶ γνωρίσω :
et je (le leur) ferai connaître,
passage de l’aoriste au futur du même verbe : γνωρίζω
ἵνα ἡ ἀγάπη,
afin que l’amour
ἣν ἠγάπησάς με, 
dont tu m’as aimé
ἐν αὐτοῖς ᾖ,
soit en eux,
κἀγὼ ἐν αὐτοῖς.
et que moi je sois en eux.

 

20 mai 2019

Jn 14,27-31a Analyse du vocabulaire

Classé dans : — evangilegrec @ 8 h 31 min
Jn 14, 27-31a
-
Εἰρήνην ἀφίημι ὑμῖν,
Je vous laisse la paix ;
-
ἀφίημι composé de ἀφ- (préverbe) et ίημι
(premier sens dans langue homérique et ion.-attique : lancer, laisser aller)
verbe souvent employé dans le NT avec différentes nuances de sens : 
laisser partir, laisser, pardonner…)
-
Εἰρήνην : le mot traduit Shalôm dans la Septante ,
la Paix. Ces deux mots ne sont pas à l’origine l’antithèse de la guerre. 
Shalôm comme Εἰρήνη désignent une plénitude, le fait d’être bien, une harmonie, 
cela peut être l’harmonie au sein d’une communauté.
Les deux mots sont employés au début d’une conversation 
pour s’enquérir de la santé, du bien-être de l’interlocuteur :
exemple en Jg 6,23, l’ange du seigneur à Gédéon :
« καὶ εἶπεν αὐτῷ κύριος Εἰρήνη σοι, μὴ φοβοῦ μὴ ἀποθάνῃς. »
« Et le Seigneur lui dit : la paix soit avec toi, ne crains pas de mourir »
Εἰρήνη traduit Shalôm
Salutation qui se retroouve dans le NT (Annonciation…)
 Εἰρήνη est aussi employé en fin de conversation, par exemple dans
la Septante Jg 18,6 « Allez en paix »…
Ici le mot fait écho à
Jn 14 v. 1 : Μὴ ταρασσέσθω ὑμῶν ἡ καρδία· 
Que votre coeur ne soit pas bouleversé, 
la paix est à l’opposé du trouble des coeurs.
(N.B. : Le verbe ταράσσω, troubler, bouleverser
intervient aussi lorsque Jésus est face à la mort)
-
εἰρήνην τὴν ἐμὴν δίδωμι ὑμῖν:
je vous donne ma paix ;
οὐ καθὼς ὁ κόσμος δίδωσιν,
ce n’est pas comme le monde donne,
ἐγὼ δίδωμι ὑμῖν.
que je vous donne.
-
ὁ κόσμος« le monde »
c’est à dire ceux qui n’ont pas accepté de recevoir la Parole.
Voir Jn 1,10 :
  »καὶ ὁ κόσμος αὐτὸν οὐκ ἔγνω » , « et le monde ne l’a pas connu. »
-
καθὼς : souvent chez Jean (de même que)
-
Μὴ ταρασσέσθω ὑμῶν ἡ καρδία,
Que votre cœur ne se trouble pas,
μηδὲ δειλιάτω.
et ne soit pas craintif.
-
L’emploi des pronoms personnels  
et des adjectifs possessifs :
 important dans tout ce passage. 
Ils soulignent l’union de Jésus et de ses disciples.
-
δίδωμι : donner 
Ce n’est pas un simple don
(à la manière du monde) mais une « habitation » de l’homme en Dieu 
et de Dieu en l’homme) voir le contexte : 
« mon Père en moi et moi en lui »
importance du verbe « demeurer » ( μένω) et du mot demeure « μόνη »
dans les passages précédents. 
Cf. jours précédents dans la liturgie. 
-
 δειλιάτω ne s’effraie : sens plus fort que le verbe préc. ταρασσέσθω
-
28
Ἠκούσατε ὅτι ἐγὼ εἶπον ὑμῖν,
Vous avez entendu que je vous ai dit :
Ὑπάγω καὶ ἔρχομαι πρὸς ὑμᾶς.
Je m’en vais, et je viens à vous.
-
Ὑπάγω καὶ ἔρχομαι 
(un retour en arrière sur ce que Jésus a dit à ses disciples auparavant:)
Ὑπάγω : aller, s’en aller , partir, verbe qui est employé très souvent 
dans la première partie de l’évangile de Jean, (Jn chapitres 1 à 13)
 ἔρχομαι : mot qui ponctue également la première partie, 
tout en marquant une gradation : « je m’en vais », puis  » je viens ».
Souvent employé dans l’expression : 
« mon heure vient » ; à différents temps :
(cf. notice) « mon heure vient, est venue, est là ». 
Plus loin ici, on trouve πορεύομαι πρὸς + acc. 
encore une gradation par rapport aux deux verbes précédents : 
« aller vers »
construction reprise parallèlement à : 
ἔρχομαι πρὸς ὑμᾶς
je viens vers vous.
-
Εἰ ἠγαπᾶτέ με,
Si vous m’aimiez,
ἐχάρητε ἂν
vous vous réjouiriez
-
Εἰ + imparfait dans la prop. subordonnée 
imparfait + ἂν, dans la principale↓ = irréel du présent 
-
ὅτι πορεύομαι  πρὸς τὸν πατέρα:
de ce que je vais au Père ;
ὅτι ὁ πατήρ μείζων μού ἐστιν.
parce que le Père est plus grand que moi.
-
Dans ce « discours d’adieu » de Jésus au sien :
promesse de la joie  : ἐχάρητε ἂν (au conditionnel )
-
29
Καὶ νῦν εἴρηκα ὑμῖν πρὶν γενέσθαι:
Et je vous l’ai dit maintenant, avant que cela n’arrive ;
-
εἴρηκα : parfait de λέγω, pourrait se traduire par le présent.
πρὶν γενέσθαι / ὅταν γένηται : 
deux moments de la passion évoqués ici (avant, après) ↑
-
ἵνα, ὅταν γένηται, πιστεύσητε.
afin que, lorsque ce sera arrivé, vous croyiez.
-
30
Οὐκέτι πολλὰ λαλήσω μεθ’ ὑμῶν:
Je ne parlerai plus beaucoup avec vous ;
ἔρχεται γὰρ ὁ τοῦ κόσμου ἄρχων,
car le prince du monde vient ;
καὶ ἐν ἐμοὶ οὐκ ἔχει οὐδέν:
et il n’a rien en moi. TOB : il n’a en moi aucune prise
-
ὁ τοῦ κόσμου ἄρχων : périphrase
pour désigner le diable, démon, celui qui divise, le mal cf notice « démon »
-
31
ἀλλ’ ἵνα γνῷ ὁ κόσμος
Mais, afin que le monde connaisse
ὅτι ἀγαπῶ τὸν πατέρα,
que j’aime le Père,
καὶ καθὼς ἐνετείλατό μοι ὁ πατήρ,
et que, comme le Père m’a commandé,
οὕτως ποιῶ.
ainsi j’agis,
Ἐγείρεσθε,
levez-vous,
ἄγωμεν ἐντεῦθεν.
partons d’ici.
-
 ἐντέλλομαι : commander, ordonner. 
Nom dérivé : ἡ ἐντολή, instruction, ordre, commandement 
le premier commandement : aimer ἀγαπῶ
Ἐγείρεσθε impératif présent de Ἐγείρω au passif.
 Ἐγείρω : ressusciter, à l’impératif seulement est traduit par : lève-toi, debout. 

 

13 mai 2019

Jn 15,9-17 Commentaire

Classé dans : — evangilegrec @ 8 h 57 min
Jn 15,9
-
A l’intérieur du discours d’adieu :
Jésus assure les siens de son amour.
Déjà annoncé en 13,34 le thème est repris ici.
L’évangéliste insiste sur la pérennité de cet amour pour tout destinataire
de tous les temps, nous verrons comment cela est perceptible.
Le mouvement de cette péricope part de la Source de l’amour :
le Père, ὁ πατήρ 
et aboutit au destinataire de l’amour : source à son tour,
au mot ἀλλήλους, les uns les autres. 
-L’amour vient en premier,
le verbe aimer est répété plusieurs fois au début :
-
9
Καθὼς ἠγάπησέν με ὁ πατήρ,
Comme le Père m’a aimé,
κἀγὼ  ὑμᾶς ἠγάπησα :
moi aussi je vous ai aimés ;
μείνατε ἐν τῇ ἀγάπῃ τῇ ἐμῇ.
demeurez dans mon amour.
-
Καθὼς : de même que , comme : 
souvent employé dans l’évangile de Jean
tout spécialement quand il s’agit des actions et paroles de Jésus.
κἀγὼ : moi aussi (crase).
La crase employée après καθὼς annonce l’unicité du Père et du Fils
Les deux pronoms personnels : κἀγὼ et  ὑμᾶς , sont rapprochés.
Injonction à l’impératif : μείνατε demeurez
Même racine que , μόνη : demeure, logement qui est employé précédemment.
Jn 14,2 :Ἐν τῇ οἰκίᾳ τοῦ πατρός μου μοναὶ πολλαί εἰσιν.
« Dans la maison de mon père, les demeures sont nombreuses ».
Le verbe aimer est décliné à plusieurs personnes dans ce verset,
le rythme du verset vient de cette répétition du même verbe 
et du nom de même racine, ἀγάπῃ, amour au datif. 
Ces répétitions se retrouvent dans les versets suivants :
un même verbe répété plusieurs fois, et le nom correspondant. 
Ce rythme met en valeur l’idée principale : l’amour est au commencement. 
-
Aimer, puis garder, puis demeurer : trois verbes clés de ce passage :
-
10
Ἐὰν τὰς ἐντολάς μου τηρήσητε,
Si vous gardez mes commandements,
μενεῖτε ἐν τῇ ἀγάπῃ μου:
vous demeurerez dans mon amour ;
καθὼς ἐγὼ τὰς ἐντολὰς τοῦ πατρός μου τετήρηκα,
de même que j’ai gardé les commandements de mon Père,
καὶ μένω αὐτοῦ ἐν τῇ ἀγάπῃ.
et que je demeure dans son amour.
-
μενεῖτε : 2 è pl. futur de μείνω, rester, demeurer
τετήρηκα 1è sg de l’indicatif parfait de τηρέω : garder
Ici les mots repris sont : μένω, demeurer et ἐντολὰς, commandements
Dans ce verset : 3 verbes « clés » de cette péricope  :
(et de tout le « discours d’adieu » de Jésus à ses disciples
Jn 13,31 à  17)  
Dans l’ordre d’apparition : 
ἀγαπάω, aimer >  μένω : rester, demeurer > τηρέω , garder.   
-
Une annonce (paradoxale?) de la joie
au moment où Jésus dit adieu et annonce sa mort :
-
11
Ταῦτα λελάληκα ὑμῖν,
Je vous ai dit ces choses,
ἵνα ἡ χαρὰ ἡ ἐμὴ ἐν ὑμῖν  ᾖ 
afin que ma joie soit en vous, 
καὶ ἡ χαρὰ ὑμῶν πληρωθῇ.
et que votre joie soit rendue complète.
-
λελάληκα : parfait , temps de ce qui est accompli (Jésus part)
et sa parole reste : c’est une première « relecture » des évènements passés : 
la naissance de l’évangile.  
Sa Passion fait place à la joie ἡ χαρὰ ἡ ἐμὴ : ma joie
joie qui se transmet : ἡ χαρὰ ὑμῶν, votre joie.
(voir la variation entre « ma » et « votre »)
Le discours d’adieu annonce paradoxalement la joie.
(Dans l’Antiquité : on trouve dans la littérature ce type de discours : 
avec annonce de la mort prochaine, ce que la personne laisse en héritage, 
désignation de ses successeurs… )
πληρωθῇ aoriste passif de πληρόω, remplir, être complet : 
verbe souvent employé
(par ex. dans l’expression : pour que l’ Ecriture soit accomplie)
C’est ici une adresse à un destinataire plus large 
que le cercle des disciples : 
Ces indices : le parfait, le verbe πληρόω, la joie 
montrent bien que le destinataire est invité à entendre ici 
le Jésus d’après la Résurrection. 
-
Un commandement qui découle de cet amour :
-
12
Αὕτη ἐστὶν ἡ ἐντολὴ ἡ ἐμή,
Voici mon commandement :
ἵνα ἀγαπᾶτε ἀλλήλους,
que vous vous aimiez les uns les autres,
καθὼς ἠγάπησα ὑμᾶς.
comme je vous ai aimés.
-
ἀγαπᾶτε ἀλλήλους : les uns les autres
(pronom personnel de la  réciprocité) : 
Jésus a aimé : il n’attend pas qu’on l’aime en retour 
(« ce n’est pas vous qui m’avez choisi,
c’est moi qui vous ai choisis », dit-il, verset 16)
mais que les hommes s’aiment les uns les autres en retour
(puisqu’ en eux l’amour demeure) 
Le verbe « aimer » est repris ici comme un refrain. 
-
Mais un amour qui se donne tout entier : jusqu’à la mort :
-
13
Μείζονα ταύτης ἀγάπην οὐδεὶς ἔχει,
Personne n’a un amour plus grand que celui-ci :
ἵνα τις τὴν ψυχὴν αὐτοῦ θῇ ὑπὲρ τῶν φίλων αὐτοῦ.
qu’on dépose sa vie en faveur de ses amis.
-
 = TOB :
Nul n’a d’amour plus grand que celui qui dépose sa vie pour …
θῇ : subjonctif aoriste de τίθημι : premier sens = placer, mettre,
 οὐδεὶς : personne (en cela ce commandement est nouveau)
ce pronom indéfini est repris par τις,
pronom personnel indéfini « quelqu’un », « on » .
ταύτης : complément du comparatif au féminin singulier, 
mis pour « amour », 
c’est la façon d’aimer qui change. 
Le commandement d’aimer était déjà dans le Premier Testament.
Au verset 13 : ce n’est plus « vous » 
mais  τις (quelqu’un , on ) le destinataire des paroles de Jésus : 
tout homme.
τὴν ψυχὴν : le premier sens est le souffle, le souffle de vie = la vie.
plus tard : le sens de ce qui subsiste après la mort.
(sens qui peut s’appliquer aussi ici) 
ὑπὲρ τῶν φίλων : « en faveur de ses amis », 
φίλος,  ami,  est repris au v. 15 : « vous êtes mes amis »,
On passe ainsi du sens général du propos à la situation particulière ici. 
Dans ce verset 13 : la nouveauté du commandement :
Par l’emploi du verbe  τίθημι  »déposer » sa vie pour ὑπὲρ  »en faveur » de l’autre.
Ce qui est nouveau, c’est de « donner » (déposer) sa vie pour ses amis. 
-
Un commandement nouveau à la suite du Christ:
-
14
Ὑμεῖς φίλοι μου ἐστέ,
Vous, vous êtes mes amis,
ἐὰν ποιῆτε ἃ ἐγὼ ἐντέλλομαι ὑμῖν.
si vous faites ce que moi je vous commande.
-
 φίλοι μου ἐστέ : présent de l’indicatif dans la proposition principale 
qui vient en premier: fait réel. 
ποιῆτε : verbe « faire » (subjonctif présent) 
Le verbe faire est souvent employé au chapitre 13 , 
cf. « Faites ceci »…(lavement des pieds) : 
aimer c’est faire à la manière de Jésus.
ἐὰν peut avoir le sens ici de « chaque fois que ». 
-
Un commandement du Christ ressuscité :
-
15
Οὐκέτι  λέγω ὑμᾶς  δούλους,
Je ne vous appelle plus serviteurs,
ὅτι ὁ δοῦλος οὐκ οἶδεν
parce que le serviteur ne sait pas
τί ποιεῖ αὐτοῦ ὁ κύριος:
ce que fait son maître ;
ὑμᾶς δὲ εἴρηκα φίλους,
mais je vous ai appelés amis,
ὅτι πάντα
parce que toutes les choses
ἃ ἤκουσα παρὰ τοῦ πατρός μου
que j’ai entendues de mon Père.
ἐγνώρισα ὑμῖν.
 je vous les ai fait connaître.
-
Οὐκέτι =ne…plus + présent de l’indicatif (λέγω )
Avec l’emploi de la négation Οὐκέτι 
l’évangéliste renvoie au présent du (déjà) Ressuscité :
une adresse à tout lecteur ?
ὁ κύριος : le maître par rapport au serviteur 
mais aussi le nom du Christ, reconnu Fils de Dieu :
« seigneur » , Dieu est ainsi appelé dans le Premier Testament.
emploi du parfait : résultat présent d’une action passée, continuité.
 παρὰ + génitif :  τοῦ πατρός μου : exprime l’origine
( d’auprès de mon père)  : dans l’évangile de Jean, 
Jésus rappelle plusieurs fois qu’il vient du Père 
et retourne au Père (ce qui n’apparaît pas chez les synoptiques)  
ἐγνώρισα aoriste de γνωρίζω : faire connaître
Dans l’ordre : 1 l’amour (verset 9) , 2 la connaissance
(présence intérieure du Christ en premier)
-
Un envoi :
-
16
Οὐχ ὑμεῖς με ἐξελέξασθε,
Ce n’est pas vous qui m’avez choisi ;
ἀλλ’ ἐγὼ ἐξελεξάμην ὑμᾶς,
mais c’est moi qui vous ai choisis
καὶ ἔθηκα ὑμᾶς,
et qui vous ai institués,
 ἵνα ὑμεῖς ὑπάγητε καὶ καρπὸν φέρητε,
afin que vous vous en alliez et que vous portiez du fruit,
καὶ ὁ καρπὸς ὑμῶν μένῃ:
et que votre fruit demeure ;
ἵνα ὅ τι ἂν αἰτήσητε τὸν πατέρα ἐν τῷ ὀνόματί μου,
afin que tout ce que vous demanderez au Père en mon nom,
δῷ ὑμῖν.
il vous le donne.
-
ἐξελέξασθε : 2è pl. de ἐκλέγομαι : choisir, élire
Cette forme d’élection est nouvelle : 
elle s’adresse à tout homme qui reçoit le Verbe (cf. début de Jn)
ἔθηκα : 1è sg. aoriste de l’indicatif de τίθημι
placer (dans une charge) , instituer, établir,
même verbe que pour « déposer » sa vie ! 
(ce même emploi indiquerait la manière dont Jésus les a établis ? 
les hommes ont en eux la Vie que Jésus Christ a déposée en eux,
là encore tout lecteur de l’évangile « écoute » le Christ ressuscité.) 
ὑπάγητε, 2è pers. du pluriel subjonctif présent de ὑπάγω, 
souvent employé avec Jésus pour sujet : « je m’en vais
Jésus, Verbe incarné vient du Père , d’où le préverbe dans ὑπάγω :
exprime l’idée d’un départ
(Transmission aux disciples : ils sont envoyés)  
sous entendu que votre fruit demeure même après la mort : 
 ὑπάγω s’en aller, c’est aussi rejoindre le Père
le verbe s’oppose dans l’évangile à ἔρχομαι, venir.
ὅ τι ἂν αἰτήσητε  »ce que vous demanderez » emploi du subjonctif avec ἂν : 
équivaut à « à chaque fois que vous demanderez », ici évocation de la prière.
δῷ : subjonctif aoriste  du verbe donner : l’amour est un don de Dieu, 
c’est lui qui aime quand l’homme aime (cf. les mots clés)
Dieu source de l’amour, Jésus qui transmet : cf.ἐν τῷ ὀνόματί μου.
ὀνόματί datif de ὀνόμα: le nom
(« Je Suis » : le nom de Dieu = le nom du Fils cf. 17,11b)
cf. même importance du nom dans le Notre Père « que ton nom soit sanctifié »
Lc 11,1 : ἁγιασθήτω τὸ ὄνομά σου
alternance entre  μου et σου : souligne l’unicité du Père et du Fils.
καρπὸν : « le fruit » renvoie au début de la Genèse, la Création : 
Dieu veut que chaque homme porte du fruit à son tour, 
et le passage fait écho à Jn 15,5.   »Je suis la vigne » .
-
Reprise de l’essentiel à la fin de la péricope :
-
17
Ταῦτα ἐντέλλομαι ὑμῖν,
Je vous commande ces choses :
ἵνα ἀγαπᾶτε ἀλλήλους.
que vous vous aimiez les uns les autres.
-
Ταῦτα pronom démonstratif en début de verset 
met en évidence la  reprise de tout ce qui a été dit 
on pourrait traduire par : « voici ce que »   
τὰς ἐντολάς v. 12 avait été répété plusieurs fois,  
 ἐντέλλομαι : commander (mot de même racine) apparaît ici.
verset 9 : en premier, il y a l’amour du Père (Création), 
 Ici seulement intervient le verbe « commander ».
Donc on voit bien que ce n’est pas un commandement morale, 
désincarné,
mais parce que l’homme a cet amour en lui
(ἐν τῇ ἀγάπῃ τῇ ἐμῇ , v.9) 
il peut aimer en retour (ἀλλήλους, les uns les autres)
comme une conséquence.
Ce qui importe c’est l’amour, et de cet amour 
découle le commandement comme une conséquence.
cf. Saint Paul : « si tu n’as pas l’amour » tout sonne faux
et : 
« Aime et fais ce que tu veux » reprendra Saint Augustin.
ἵνα : conjonction employée avec un verbe d’injonction :
je commande ἐντέλλομαι que (ἵνα)
(même si le verbe a déjà pour complément Ταῦτα , « ces choses »
on peut considérer que la conjonction introduit le contenu de ce Ταῦτα
(neutre pluriel : ces choses)
-
Cette péricope dans le « discours » d’adieu
est l’expression de ce que Jésus laisse en héritage à ses disciples
 et finalement à « tout homme » .
Le rythme poétique
(les propositions sont courtes et de même longueur,
les mots sont répétés, le rythme ternaire est fréquent)
souligne le caractère solennel de cette transmission
et la communion de l’homme à la trinité :
« moi, mon père, vous » (v.9…)
c’est en ce « vous » que l’Esprit vient
et rend présents le Père et le Fils.
La manifestation de cette présence est l’amour.
Les paroles ne sont pas adressées aux seuls disciples présents
lors du dernier repas de Jésus.
Mais à travers l’emploi des mots et des temps verbaux
on voit bien que le destinataire est tout homme, celui de tous les temps.
C’est déjà une relecture de la vie de Jésus à la lumière de sa Résurrection :
Jésus qui transmet sa propre vie (psuchè) « déposée »
pour « établir » la Vie de ses amis,
et transformer la mort en Joie.

 

 

 

 

 

6 avril 2019

Valeur du parfait

Classé dans : — evangilegrec @ 17 h 19 min

Valeur du parfait :

Le temps grec ne présente pas seulement l’action

dans le cours du temps

(avant, pendant, après, dans une chronologie)

mais il insiste aussi sur l’aspect, ou la « valeur »  :

-

-son degré d’achèvement

-ou son point de développement,

-ou sa durée

-ou son résultat.

-

Imparfait/aoriste :

Par exemple, l’imparfait insiste sur la durée de l’action,

l’aoriste sur son aspect ponctuel.

Aoriste/parfait :

L’aoriste situe l’action dans le passé :

pour exprimer le passé, le grec utilise un augment

(ici valeur temporelle)

(augment= préfixe, ἐ, qui s’ajoute au radical du verbe.)

Le parfait, lui, ne comporte pas cette marque du passé.

Les notions de temps et d’aspect permettent d’exprimer des nuances.

Dans le NT, par exemple, l’usage du parfait est toujours à étudier de près.

-

Le parfait :

Il exprime le résultat actuel et durable d’une action.

Parfois le sens du verbe à lui seul permet de comprendre

l’insistance sur le résultat de l’action :

c’est le cas, par exemple,  pour ἀποτέθνηκα = je suis mort,

parfait actif de ἀποθνῄσκω, mourir.

πέπεισμαι = je suis sûr,

parfait moyen de πείθομαι, je suis persuadé.

Donc, le parfait indique le résultat actuel d’un processus achevé,

c’est sa valeur.

-

Traduire le parfait dans le NT : 

la traduction du parfait : 

Il ne faut pas traduire de façon automatique un parfait par un présent,

même si cela est souvent possible.

En français, le passé composé, au contraire du passé simple,

comporte un lien avec le présent.

On pourra parfois traduire un verbe au parfait par un passé composé.

-

Illustration par des exemples pris dans l’ évangile de Jean  :  

Ὑμεῖς ἀπεστάλκατε πρὸς Ἰωάννην,

Vous, vous avez envoyé (une délégation) auprès de Jean,

καὶ μεμαρτύρηκεν τῇ ἀληθείᾳ.

et il a rendu témoignage à la vérité.

Jn 5,33

-

ἀπεστάλκατε : parfait 2è pl. de ἀποστέλλω, envoyer 

μεμαρτύρηκεν : 3è sg parfait de μαρτυρέω

Ici le parfait est traduit par un passé composé parce que 

« avoir envoyé une délégation » a une conséquence 

sur le présent de celui qui parle, 

et il faut le faire sentir de cette façon, 

et  son témoignage est encore valable  :

l’effet durable dans le présent se fait sentir

dans cette traduction par un passé composé. 

-

Autre exemple

pris dans la suite du texte de Jean : 

  ἀλλὰ ἔγνωκα ὑμᾶς,

Mais je sais que vous,

ὅτι τὴν ἀγάπην τοῦ θεοῦ οὐκ ἔχετε ἐν ἑαυτοῖς.

vous n’avez pas en vous-mêmes l’amour de Dieu.

(TOB : mais je vous connais, vous n’avez pas en vous l’amour de Dieu.)

Jn 5,42

-

ἔγνωκα : 1ère sg. du parfait de γινώσκω, connaître, savoir

Le parfait marque le résultat ici d’un long processus

qui aboutit à la connaissance :

le  présent convient ici.

j’ai appris à vous connaître et maintenant je vous connais.

« je vous ai connu » serait ici un contre-sens.

-

Il existe un verbe synonyme de ἔγνωκα

  »savoir, connaître » :

οἶδα

ce verbe a toujours une forme de parfait et se traduit aussi par un présent :

il est formé à partir d’un ancien radical : εἴδω

Il se retrouve dans l’aoriste εἶδον de ὀράω , voir :

le sens de οἶδα est « je vous ai vu et maintenant je vous connais .

-

 Autre exemple : 

Ἐγὼ ἐλήλυθα ἐν τῷ ὀνόματι τοῦ πατρός μου,

moi je suis venu au nom de mon Père,

καὶ οὐ λαμβάνετέ με·

et vous ne me recevez pas ;

ἐὰν ἄλλος ἔλθῃ ἐν τῷ ὀνόματι τῷ ἰδίῳ,

si un autre vient en son propre nom,

ἐκεῖνον λήμψεσθε.

celui-là, vous le recevrez.

Jn 5,43

-

Ici le parfait ἐλήλυθα de ἒρχομαι se traduit par un passé composé.

(sous entendu : « je suis venu et je suis là »)

Cela permet de marquer une antériorité par rapport au verbe recevoir,

mais une autre traduction est possible : je viens .

-

On trouvera de nombreux exemples également

où le parfait joue bien son rôle de temps de l’accomplissement (notion théologique)

Citons les verbes :

πληρόω, remplir, accomplir,

le parfait permet de présenter l’accomplissement de l’Ecriture.

ἐγγίζω, approcher :

le parfait permet de montrer l’approche progressive de l’heure

de la mort et de la résurrection de Jésus en passant de :

« était proche » (imparfait)

à est proche (parfait)

puis à « être là »

Voir ces exemples dans l’article « mon heure est proche »

 

 

 

3 avril 2019

Mer 03/04/19 Jn 5,17-30

Classé dans : au fil des jours — evangilegrec @ 0 h 01 min
Jn 5,17-30
-
Ecouter l’Evangile en grec : 
-
Pour avoir la TOB cliquez sur ce mot.
-
Introduction de la Bible pour la liturgie :
En ce temps-là après avoir guéri le paralysé un jour de sabbat :
17
 [Ἰησοῦσ] ἀπεκρίνατο αὐτοῖς,
 Jésus leur répondit :
Ὁ πατήρ μου ἕως ἄρτι    ἐργάζεται,
Mon Père  jusqu’à présent, est à l’oeuvre
κἀγὼ ἐργάζομαι.
et moi aussi je suis à l’oeuvre.
-
ἐργάζομαιtravailler, être à l’oeuvre,  : fait mieux entendre l’ étymologie du mot :
 ἐργά, oeuvre (employé au verset 20)
-
18
Διὰ τοῦτο οὖν
A cause de cela donc
μᾶλλον ἐζήτουν αὐτὸν οἱ Ἰουδαῖοι ἀποκτεῖναι,
les Juifs cherchaient encore plus à le faire mourir,
μᾶλλον : plus…(encore plus)
ἀποκτεῖναι : infinitif aoriste de ἀποκτείνω
ὅτι οὐ μόνον ἔλυεν τὸ σάββατον,
parce que non seulement il violait le sabbat,
 λύω : délier, violer (en parlant de commandement)
ἀλλὰ καὶ πατέρα ἴδιον ἔλεγεν τὸν θεόν,
mais encore parce qu’il disait que Dieu était son propre Père,
ἴσον ἑαυτὸν ποιῶν τῷ θεῷ.
se faisant lui-même égal à Dieu.
-
ὅτι : est en facteur commun « parce que »  
ἔλεγεν : il disait que +pp inf…
(Il faut sous-entendre le verbe « être » à l’infinitif) 
ποιέω : on peut noter que le verbe faire  est employer souvent dans cette péricope (cf. v 19…)  
-
19
 Ἀπεκρίνατο οὖν ὁ Ἰησοῦς καὶ  ἔλεγεν αὐτοῖς,
Jésus répondit donc, et il leur disait :
Ἀμὴν ἀμὴν λέγω ὑμῖν,
En vérité, en vérité, je vous le dis,
οὐ δύναται ὁ υἱὸς ποιεῖν ἀφ’ ἑαυτοῦ οὐδέν,
le Fils ne peut rien faire de lui-même,
ἐὰν μή τι βλέπῃ τὸν πατέρα ποιοῦντα :
s’il ne voit pas le Père faire quelque chose
-
οὐδέν : pronom neutre « rien » COD de faire (ποιεῖν)
ἐὰν + subjonctif (βλέπῃ) : si…négation μή
 βλέπω + proposition participiale (accusatif : τὸν πατέρα ποιοῦντα + COD  τι)
-
ἃ γὰρ ἂν ἐκεῖνος ποιῇ,
car ce que ce dernier fait
 : pronom relatif neutre à l’accusatif
ἂν + subjonctif 
ταῦτα καὶ ὁ υἱὸς ὁμοίως ποιεῖ.
cela aussi le Fils  le fait pareillement.
ὁμοίως : pareillement
 καὶ : adverbial = aussi
-
20
Ὁ γὰρ πατὴρ φιλεῖ τὸν υἱόν,
Car le Père aime le Fils,
καὶ πάντα δείκνυσιν αὐτῷ
et il lui montre tout
ἃ αὐτὸς ποιεῖ ·
ce que lui-même fait:
pronom relatif au neutre pluriel
ayant pour antécédent πάντα
-
καὶ μείζονα τούτων δείξει αὐτῷ ἔργα,
et il lui montrera des œuvres plus grandes que celles-ci
ἵνα ὑμεῖς θαυμάζητε.
 afin que vous soyez dans l’étonnement.
ἵνα + subjonctif : introduit la prop. sub. de but. 
-
21
Ὥσπερ γὰρ ὁ πατὴρ ἐγείρει τοὺς νεκροὺς
Car, comme le Père ressuscite les morts
καὶ ζῳοποιεῖ,
et les fait vivre,
ζῳοποιεῖ (ζῳον, vivant  + ποιέω, faire)
οὕτως καὶ ὁ υἱὸς
de même aussi le Fils
οὓς θέλει ζῳοποιεῖ.
fait vivre ↔ ceux qu’il veut.
-
22
Οὐδὲ γὰρ ὁ πατὴρ κρίνει οὐδένα,
Car aussi le Père ne juge personne,
Οὐδὲ … οὐδένα (négation simple + négation composée :
la négation est renforcée)
ἀλλὰ τὴν κρίσιν πᾶσαν δέδωκεν τῷ υἱῷ:
mais il a remis tout le jugement au Fils ;
-
23
ἵνα πάντες τιμῶσιν τὸν υἱόν,
afin que tous honorent le Fils
καθὼς τιμῶσιν τὸν πατέρα.
comme ils honorent le Père ;
Ὁ μὴ τιμῶν τὸν υἱόν,
Celui qui n’honore pas le Fils,
οὐ τιμᾷ τὸν πατέρα τὸν πέμψαντα αὐτόν.
n’honore pas le Père qui l’a envoyé.
-
24
Ἀμὴν ἀμὴν λέγω ὑμῖν
En vérité, en vérité, je vous dis
ὅτι ὁ τὸν λόγον μου ἀκούων,
que celui qui écoute ma parole
καὶ πιστεύων τῷ πέμψαντί με,
et croit à Celui qui m’a envoyé,
ἔχει ζωὴν αἰώνιον:
a la vie éternelle ;
καὶ εἰς κρίσιν οὐκ ἔρχεται,
et il ne va pas au jugement,
ἀλλὰ μεταβέβηκεν ἐκ τοῦ θανάτου εἰς τὴν ζωήν.
mais il est passé de la mort à la vie.
μεταβέβηκεν : on peut traduire par
« mais déjà il passe de la mort à la vie » 
(traduction pour la liturgie) 
pour rendre la valeur du parfait
qui insiste sur le résultat présent (et durable)
-
25
Ἀμὴν ἀμὴν λέγω ὑμῖν
En vérité, en vérité, je vous dis
ὅτι ἔρχεται ὥρα
que l’heure vient,
καὶ νῦν ἐστιν,
et elle est maintenant,
ὅτε οἱ νεκροὶ ἀκούσουσιν τῆς φωνῆς τοῦ υἱοῦ τοῦ θεοῦ,
où les morts entendront la voix du Fils de Dieu,
καὶ οἱ ἀκούσαντες  ζήσουσιν.
et où ceux qui l’auront entendue, vivront.
-
 ἀκούσαντες : participe aoriste, traduit par le futur antérieur
(marque l’antériorité ici par rapport au verbe principal au futur)
« qui l’auront entendue » au lieu de : ceux qui l’ont entendue.
-
26
Ὥσπερ γὰρ ὁ πατὴρ ἔχει ζωὴν ἐν ἑαυτῷ,
Car comme le Père a la vie en lui-même,
οὕτως καὶ τῷ υἱῷ ἔδωκεν ζωὴν ἔχειν ἐν ἑαυτῷ:
ainsi aussi  il a donné au Fils d’avoir la vie en lui-même.
-
27
καὶ ἐξουσίαν ἔδωκεν αὐτῷ κρίσιν ποιεῖν,
Et il lui a donné même l’autorité d’exercer le jugement,
ὅτι υἱὸς ἀνθρώπου ἐστίν.
parce qu’il est Fils d’homme.
-
28
Μὴ θαυμάζετε τοῦτο:
Ne vous étonnez pas de cela,
ὅτι ἔρχεται ὥρα,
car l’heure vient
ἐν ᾗ πάντες οἱ ἐν τοῖς μνημείοις
où tous ceux qui sont dans les tombeaux
ἀκούσουσιν τῆς φωνῆς αὐτοῦ,
entendront sa voix,
-
29
καὶ ἐκπορεύσονται,
et  sortiront :
οἱ τὰ ἀγαθὰ ποιήσαντες,
ceux qui auront fait le bien,
εἰς ἀνάστασιν ζωῆς:
vers la résurrection de vie ;
οἱ δὲ τὰ φαῦλα πράξαντες,
ceux qui auront pratiqué le mal,
εἰς ἀνάστασιν κρίσεως.
vers la résurrection de jugement.
-
30
 Οὐ δύναμαι ἐγὼ ποιεῖν ἀπ’ ἐμαυτοῦ οὐδέν:
Moi je ne peux rien faire de moi-même ;
καθὼς ἀκούω,
selon que j’entends,
κρίνω:
je juge ;
καὶ ἡ κρίσις ἡ ἐμὴ δικαία ἐστίν:
et mon jugement est juste,
ὅτι οὐ ζητῶ τὸ θέλημα τὸ ἐμόν,
parce que je ne cherche pas ma volonté,
ἀλλὰ τὸ θέλημα τοῦ πέμψαντός με.
mais la volonté de Celui qui m’a envoyé.

23 mars 2019

Sam. 23/03/19 Lc 15,1-3.11-32

Classé dans : au fil des jours — evangilegrec @ 0 h 01 min

 

 

-

 Dans la TOB 

Lc 15,1-3.11-32
-
1
Ἦσαν δὲ αὐτῷ ἐγγίζοντες πάντες οἱ τελῶναι καὶ οἱ ἁμαρτωλοί,
Or, tous les collecteurs d’impôts et les pécheurs s’approchaient de lui,
Ἦσαν δὲ αὐτῷ ἐγγίζοντες : verbe être à l’imparfait + participe présent 
ἀκούειν αὐτοῦ.
pour l’entendre.
-
2
Καὶ διεγόγγυζον οἱ τε Φαρισαῖοι καὶ οἱ γραμματεῖς
Et les pharisiens et les scribes murmuraient,
λέγοντες ὅτι
disant :
Οὗτος ἁμαρτωλοὺς προσδέχεται,
Celui-ci reçoit les pécheurs
καὶ συνεσθίει αὐτοῖς.
et mange avec eux !
-
3
- Εἶπεν δὲ πρὸς αὐτοὺς τὴν παραβολὴν ταύτην, λέγων,
Mais il leur dit cette parabole (disant) :
[...]
11
 Ἄνθρωπός τις εἶχεν δύο υἱούς:
Un homme avait deux fils ;
-
12
καὶ εἶπεν ὁ νεώτερος αὐτῶν τῷ πατρί,
et le plus jeune dit à leur père :
Πάτερ, δός μοι τὸ ἐπιβάλλον μέρος τῆς οὐσίας.
Père, donne-moi la part du bien qui me revient.
 Ὁ δὲ διεῖλεν αὐτοῖς τὸν βίον.
Et il leur partagea ses moyens de vivre / sa vie ↓
ὁ βίος : le premier sens = la vie, 
puis par dérivation = les moyens de vivre. Ce double sens a son importance ici, 
si l’on se souvient qu’une « para-bole » : met en parallèle (para) deux sens. 
-
13
Καὶ μετ’ οὐ πολλὰς ἡμέρας
Et après peu de jours
συναγαγὼν πάντα ὁ νεώτερος υἱὸς
ayant tout amassé, le plus jeune fils
ἀπεδήμησεν εἰς χώραν μακράν,
 partit de sa maison vers une contrée éloignée,
καὶ ἐκεῖ διεσκόρπισεν τὴν οὐσίαν αὐτοῦ,
et là          il dissipa son bien,
ζῶν ἀσώτως.
en vivant dans un état désespéré.
 (on pourrait dire : sans moyen de salut, cf. étymologie ci-après)
ἡ οὐσία, ας :
1er sens : terme philosophique : essence, être, existence.
2è sens dans BAILLY : biens, fortune, richesse
ζῶν : participe présent de ζάω : vivre, être vivant, rester vivant, 
(cf. plus loin : revenir à la vie)
ἀσώτως étymologie : vient de α privatif +σώτ-ως ,  
et est formé sur la même racine que celle du verbe σῴζω sauver 
 et celle de σῶς (adj.): sauvé.
 ως est le suffixe qui sert à former les adverbes.
Autre dérivé : σωτήρ : sauveur, qui sauve
-
14
Δαπανήσαντος δὲ αὐτοῦ πάντα,
Et quand il eut tout dépensé,
ἐγένετο λιμὸς  ἰσχυρὰ κατὰ τὴν χώραν ἐκείνην,
il survint une grande famine d’un bout à l’autre de cette contrée,
καὶ αὐτὸς ἤρξατο ὑστερεῖσθαι.
et lui-même commença à être dans l’indigence.
-
15
Καὶ πορευθεὶς ἐκολλήθη ἑνὶ τῶν πολιτῶν τῆς χώρας ἐκείνης:
et il alla se mettre au service de l’un des habitants de cette contrée :
ἐκολλήθη : 3è sg. de l’aoriste passif  de κολλάομαι se mettre au service de…
(allant, il se mit = il alla se mettre)
καὶ ἔπεμψεν αὐτὸν
et il l’envoya
εἰς τοὺς ἀγροὺς αὐτοῦ
dans ses champs
βόσκειν χοίρους.
pour paître des porcs.
-
16
Καὶ ἐπεθύμει χορτασθῆναι ἐκ τῶν κερατίων
Et il désirait se remplir le ventre des gousses
ὧν ἤσθιον οἱ χοῖροι:
que les pourceaux mangeaient,
(attraction du relatif ὧν (génitif pluriel) au cas de son antécédent)
καὶ οὐδεὶς ἐδίδου αὐτῷ.
mais personne ne lui en donnait.
-
17
Εἰς ἑαυτὸν δὲ ἐλθὼν  ἔφη
Etant donc entré en lui-même, il dit :
Πόσοι μίσθιοι τοῦ πατρός μου περισσεύονται ἄρτων,
Combien de mercenaires de mon père ont du pain en abondance,
ἐγὼ δὲ λιμῷ  ὧδε ἀπόλλυμαι
et moi ici je meurs de faim !
Εἰς ἑαυτὸν δὲ ἐλθὼν : (ἐλθὼν participe aoriste de ἐρχόμαι :
littéralement, « étant venu/ entré » en lui-même),
ce qui mime un retour vers son intériorité. 
Εἰς : préposition qui indique le mouvement vers 
et ἑαυτὸν :
pronom personnel réfléchi qui renvoie au sujet de la proposition.
cf. l’emploi du verbe ἀπόλλυμαι, je meurs :
en opposition au vocabulaire de la résurrection qui se trouve dans la parabole : 
voir le mot suivant :  
-
18
ἀναστὰς πορεύσομαι πρὸς τὸν πατέρα μου,
m’étant levé, j’irai vers mon père,
καὶ ἐρῶ αὐτῷ,
et je lui dirai :
Πάτερ, ἥμαρτον εἰς τὸν οὐρανὸν
Père, j’ai péché contre le ciel
καὶ ἐνώπιόν σου:
  et devant toi !
ἀναστὰς :  m’étant levé… participe aoriste de : 
ἀνίστημι qui signifie aussi « ressusciter »
(on peut traduire la succession des verbes par :
je me lèverai et j’irai…)
sur ce verbe ἀνίστημι voir : article ressusciter
-
19
 οὐκέτι εἰμὶ ἄξιος κληθῆναι υἱός σου:
Je ne suis plus digne d’être appelé ton fils :
ποίησόν με ὡς ἕνα τῶν μισθίων σου.
traite-moi comme l’un de tes mercenaires.
littéralement « fais-moi comme un… »
-
20
Καὶ ἀναστὰς ἦλθεν πρὸς τὸν πατέρα ἑαυτοῦ .
Et s’étant levé, il vint vers son père.
Ἔτι δὲ αὐτοῦ μακρὰν ἀπέχοντος,
Et comme il était encore loin,
(génitif absolu)
εἶδεν αὐτὸνὁ πατὴρ αὐτοῦ,
son père le vit
καὶ ἐσπλαγχνίσθη,
et fut ému de compassion,
ἐσπλαγχνίσθηVerbe souvent employé avec Jésus pour sujet dans le NT
καὶ δραμὼν ἐπέπεσεν ἐπὶ τὸν τράχηλον αὐτοῦ,
et il courut se jeter à son cou,
(littéralement : ayant couru : δραμὼν =  participe aoriste de τρέχω il se jeta…)
καὶ κατεφίλησεν αὐτόν.
et l’aima complètement.
ἐπέπεσεν : aoriste de  ἐπιπίπτω, se jeter sur = ἐπι (sur) πίπτω (tomber)
κατεφίλησεν : κατα + (εφίλησεν, verbe φίλέω, aimer).
Le préverbe qui s’ajoute au verbe aimer peut exprimer ici
l’idée d’achèvement, une forme d’insistance. 
-
21
Εἶπεν δὲ  ὁ υἱὸς αὐτῷ,
Et le fils lui dit :
Πάτερ,
Père,
ἥμαρτον εἰς τὸν οὐρανὸν καὶ ἐνώπιόν σου,
j’ai péché contre le ciel          et devant toi !
οὐκέτι εἰμὶ ἄξιος κληθῆναι υἱός σου.
Je ne suis plus digne d’être appelé ton fils.
-
22
Εἶπεν δὲ ὁ πατὴρ πρὸς τοὺς δούλους αὐτοῦ, 
Mais le père dit à ses serviteurs :
Ταχὺ ἐξενέγκατε στολὴν τὴν πρώτην
Vite apportez une robe, la première
καὶ ἐνδύσατε αὐτόν,
et l’en revêtez,
καὶ δότε δακτύλιον εἰς τὴν χεῖρα αὐτοῦ,
et mettez à sa main un anneau,
καὶ ὑποδήματα εἰς τοὺς πόδας:
et des souliers à ses pieds ;
-
23
καὶ φέρετε τὸν μόσχον τὸν σιτευτὸν θύσατε,
et amenez le veau gras, sacrifiez-le
καὶ φαγόντες εὐφρανθῶμεν 
et mangeons et réjouissons-nous ;
εὐφρανθῶμεν subjonctif aoriste passif de εὐφραίνω,
réjouir , au passif : se réjouir
-
24
ὅτι οὗτος ὁ υἱός μου νεκρὸς ἦν, 
parce que mon fils que voici était mort,
καὶ ἀνέζησεν :
et il est revenu à la vie ;
ἀνα (à nouveau)  + έζησεν de ζάω, vivre
ἦν ἀπολωλώς ,
il était perdu,
ἀπολωλώς du verbe ἀπόλλυμι,  au participe parfait, détruire, perdre 
(verset 17 : est à la voix moyenne, se perdre)
καὶ εὑρέθη.
et il est retrouvé.
Καὶ ἤρξαντο εὐφραίνεσθαι.
Et ils commencèrent à se réjouir.
-
25
Ἦν δὲ ὁ υἱὸς αὐτοῦ ὁ πρεσβύτερος ἐν ἀγρῷ:
Mais son fils aîné était aux champs.
καὶ ὡς ἐρχόμενος ἤγγισεν τῇ οἰκίᾳ,
Et lorsqu’en revenant il approcha de la maison,
ἤκουσεν συμφωνίας καὶ χορῶν.
il entendit de la musique et des danses.
-
26
Καὶ προσκαλεσάμενος ἕνα τῶν παίδων,
Et ayant appelé à lui un des serviteurs,
ἐπυνθάνετο τί  ἂν εἴη ταῦτα.
il s’informait de ce que c’était.
-
27
Ὁ δὲ εἶπεν αὐτῷ ὅτι
Et celui-ci lui dit :
Ὁ ἀδελφός σου ἥκει:
Ton frère est là,
καὶ ἔθυσεν ὁ πατήρ σου τὸν μόσχον τὸν σιτευτόν,
et ton père a tué le veau gras,
ὅτι ὑγιαίνοντα αὐτὸν ἀπέλαβεν.
parce qu’il l’a recouvré en bonne santé.
-
28
Ὠργίσθη δέ,
Mais il se mit en colère,
καὶ οὐκ ἤθελεν εἰσελθεῖν :
et il ne voulait pas entrer.
ὁ δὲ πατὴρ αὐτοῦ ἐξελθὼν παρεκάλει αὐτόν.
Et son père étant sorti, le suppliait (ou : le consolait).
παρεκάλει imparfait de παρακαλέω : 
prier, supplier, réconforter, consoler (le Paraclet : le Consolateur)
-
29
Ὁ δὲ ἀποκριθεὶς εἶπεν τῷ πατρὶ αὐτοῦ
Mais  il dit en réponse à son père :
 Ἰδού,
Voici
τοσαῦτα ἔτη δουλεύω σοι,
il y a tant d’années que je te sers,
καὶ οὐδέποτε ἐντολήν σου παρῆλθον,
et je ne suis jamais allé contre ton commandement,
οὐδέποτε : ne …jamais 
ἐντολήν σου : ton commandement,
mot qui fait écho à d’autres passages du NT 
καὶ ἐμοὶ οὐδέποτε ἔδωκας ἔριφον,
et tu ne m’as jamais donné un chevreau
ἵνα μετὰ τῶν φίλων μου εὐφρανθῶ.
pour me réjouir avec mes amis.
-
30
Ὅτε δὲ ὁ υἱός σου οὗτος
Mais quand ton fils que voici,
ὁ καταφαγών σου τὸν βίον μετὰ πορνῶν
qui a dévoré ton bien (ta vie)  avec des prostituées,
ἦλθεν,
est venu,
ἔθυσας αὐτῷ τὸν  σιτευτὸν μόσχον.
tu as sacrifié pour lui le veau gras.
-
31
Ὁ δὲ εἶπεν αὐτῷ,
Mais il lui dit :
Τέκνον,
Mon enfant,
σὺ πάντοτε μετ’ ἐμοῦ εἶ,
toi, toujours tu es avec moi,
καὶ πάντα τὰ ἐμὰ σά ἐστιν.
et tout ce que j’ai est à toi.
-
32
Εὐφρανθῆναι δὲ καὶ χαρῆναι ἔδει:
Mais il fallait bien s’égayer et se réjouir,
ὅτι ὁ ἀδελφός σου οὗτος νεκρὸς ἦν,
parce que ton frère que voici était mort,
καὶ ἔζησεν
et qu’il est revenu à la vie  ;
(aoriste du verbe vivre : revenir à la vie)
καὶ ἀπολωλὼς,
et il était perdu,
(participe parfait de ἀπολλύμι : détruire, anéantir, tuer, se perdre)
καὶ εὑρέθη.
il a été retrouvé.
εὑρέθη : aoriste passif de εὑρίσχω trouver, retrouver

 

4 mars 2019

Lun. 04/03/19 Mc 10,17-27

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TOB

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Mc 10,17-30

17
 Καὶ ἐκπορευομένου αὐτοῦ εἰς ὁδόν,
Et comme il sortait pour se mettre en chemin,
(génitif absolu)
προσδραμὼν εἷς
quelqu’un étant accouru
εἷς :   »un », mis pour : τις quelqu’un
προσδραμὼν : participe aoriste de προστρέχω
καὶ γονυπετήσας αὐτὸν
et s’étant jeté à ses genoux,
ἐπηρώτα αὐτόν,
lui demandait :
Διδάσκαλε ἀγαθέ,
Bon Maître,
τί ποιήσω
que dois-je faire
ἵνα ζωὴν αἰώνιον κληρονομήσω;
pour hériter la vie éternelle ?
-
18
Ὁ δὲ Ἰησοῦς εἶπεν αὐτῷ,
Mais Jésus lui dit :
Τί με λέγεις ἀγαθόν;
Pourquoi m’appelles-tu bon ?
Οὐδεὶς ἀγαθός,
Personne n’est bon
εἰ μὴ εἷς, ὁ θεός.
sinon un seul, Dieu.
-
19
Τὰς ἐντολὰς οἶδας,
Tu connais les commandements :
Μὴ φονεύσῃς
Ne tue pas
μὴ μοιχεύσῃς
ne sois pas adultère
μὴ κλέψῃς,
ne vole pas,
μὴ ψευδομαρτυρήσῃς,
ne porte pas de faux témoignages
μὴ ἀποστερήσῃς,
ne fais pas de tort
τίμα τὸν πατέρα σου καὶ τὴν μητέρα.
 honore ton père et ta mère.
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20
Ὁ δὲ  ἔφη αὐτῷ,
Mais il lui dit :
Διδάσκαλε,
Maître,
ταῦτα πάντα ἐφυλαξάμην
j’ai observé toutes ces choses
ἐκ νεότητός μου.
dès ma jeunesse.
-
21
Ὁ δὲ Ἰησοῦς ἐμβλέψας αὐτῷ
Et Jésus ayant fixé son regard sur lui,
ἠγάπησεν αὐτόν,
l’aima,
ἐμβλέψας, participe aoriste de ἐμβλέπω
plus que le verbe simple :  βλέπω
le verbe est précédé du préverbe ἐμ = ἐν (+ βλέψας) 
καὶ εἶπεν αὐτῷ,
et lui dit :
Ἕν  σε ὑστερεῖ·
Il te manque une chose :
Ἕν : une chose
(attention à l’esprit rude,
ce n’est pas la préposition,
adjectif numéral au neutre singulier,
au neutre , ajouter « chose »)
Va,
ὅσα ἔχεις πώλησον,
 tout ce que tu as, vends-le
καὶ δὸς  [τοῖσ] πτωχοῖς
et donne-le aux pauvres,
 καὶ ἕξεις θησαυρὸν ἐν οὐρανῷ, 
et tu auras un trésor dans le ciel ;
καὶ δεῦρο,
et viens
δεῦρο : adverbe : ici (viens ici)
ἀκολούθει μοι.
 suis-moi.
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22
Ὁ δὲ στυγνάσας ἐπὶ τῷ λόγῳ
Mais lui, affligé de cette parole,
ἀπῆλθεν λυπούμενος:
s’en alla tout triste ;
ἦν γὰρ ἔχων κτήματα πολλά.
car il avait de grands biens.
-
23
 Καὶ περιβλεψάμενος ὁ Ἰησοῦς
Et Jésus ayant promené son regard tout autour
περιβλεψάμενος cf. même remarque que précédemment sur le verbe βλέπω, 
on a ici un autre composé du verbe, le verbe est à la voix moyenne,
(ce qui ne change pas son sens)
περι (tout autour, en cercle) + βλέπω regarder
λέγει τοῖς μαθηταῖς αὐτοῦ,
dit à ses disciples
Πῶς δυσκόλως
Combien difficilement
οἱ τὰ χρήματα ἔχοντες
ceux qui ont les richesses
εἰς τὴν βασιλείαν τοῦ θεοῦ εἰσελεύσονται.
entreront dans le royaume de Dieu !
-
24
Οἱ δὲ μαθηταὶ ἐθαμβοῦντο
Or les disciples étaient stupéfaits
ἐπὶ τοῖς λόγοις αὐτοῦ.
de ses paroles.
Ὁ δὲ Ἰησοῦς πάλιν ἀποκριθεὶς
Mais Jésus, à nouveau répondant,
λέγει αὐτοῖς,
leur dit :
Τέκνα,
Mes enfants,
πῶς δύσκολόν ἐστιν
combien il est difficile
εἰς τὴν βασιλείαν τοῦ θεοῦ εἰσελθεῖν.
d’entrer dans le royaume de Dieu !
-
25
Εὐκοπώτερόν ἐστιν
Il est plus facile
κάμηλον
à un chameau
διὰ  [τῆσ] τρυμαλιᾶς [τῆσ] ῥαφίδος διελθεῖν
de passer par le trou de l’aiguille,
ἢ πλούσιον
qu’il ne l’est à un riche
εἰς τὴν βασιλείαν τοῦ θεοῦ εἰσελθεῖν.
d’entrer dans le royaume de Dieu.
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26
Οἱ δὲ περισσῶς ἐξεπλήσσοντο,
Et eux furent encore plus étonnés,
λέγοντες πρὸς ἑαυτούς,
se disant entre eux :
Καὶ τίς δύναται σωθῆναι;
Et qui peut être sauvé ?
-
27
Ἐμβλέψας  αὐτοῖς ὁ Ἰησοῦς λέγει,
Jésus ayant fixé son regard sur eux, dit,
Παρὰ ἀνθρώποις ἀδύνατον,
Aux hommes, cela est impossible,
ἀλλ’ οὐ παρὰ θεῷ:
 mais non pas à Dieu ;
πάντα γὰρ δυνατά παρὰ τῷ θεῷ.
 car toutes choses sont possibles à Dieu.

10 novembre 2018

Sam.10/11/18 Lc 16,9-15

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Lc 16,9-15
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9
Καὶ ἐγὼ ὑμῖν λέγω,
Et moi aussi je vous dis :
 Ἑαυτοῖς ποιήσατε φίλους
Faites-vous des amis
ἐκ τοῦ μαμωνᾶ τῆς ἀδικίας,
avec le Mamon de l’injustice,
ἵνα,
afin que
ὅταν ἐκλίπῃ 
lorsqu’il disparaîtra,
δέξωνται ὑμᾶς εἰς τὰς αἰωνίους σκηνάς.
on vous reçoive dans les tentes éternelles.
cliquez ici pour quelques explications
-
10
Ὁ πιστὸς ἐν ἐλαχίστῳ
Le fidèle en très peu,
ἐν : l’usage de cette préposition s’est étendu dans la koinè
καὶ ἐν πολλῷ πιστός ἐστιν,
est aussi fidèle en beaucoup ;
καὶ ὁ ἐν ἐλαχίστῳ ἄδικος
et celui qui est injuste en très peu,
καὶ ἐν πολλῷ ἄδικός ἐστιν.
est aussi injuste en beaucoup.
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11
Εἰ οὖν ἐν τῷ ἀδίκῳ μαμωνᾷ πιστοὶ οὐκ ἐγένεσθε,
Si donc vous n’avez pas été confiants en Mamon injuste
τὸ ἀληθινὸν τίς ὑμῖν πιστεύσει;
 qui vous confiera le bien véritable ?
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12
Καὶ εἰ ἐν τῷ ἀλλοτρίῳ
Et si dans ce qui est à autrui,
πιστοὶ οὐκ ἐγένεσθε,
vous n’avez pas été confiants,
τὸ ὑμέτερον τίς ὑμῖν δώσει ;
qui vous donnera ce qui est à vous ?
Le verbe εἰμι est un verbe défectif, (il n’existe pas à l’imparfait)
il est remplacé par γίνομαι à l’imparfait
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13
Οὐδεὶς οἰκέτης δύναται δυσὶν κυρίοις δουλεύειν :
Aucun domestique ne peut servir deux seigneurs,
ἢ γὰρ τὸν ἕνα μισήσει,
car ou bien  il haïra l’un
καὶ τὸν ἕτερον ἀγαπήσει :
et aimera l’autre,
ἢ ἑνὸς ἀνθέξεται,
ou bien il s’attachera à l’un
ἀνθέξεται futur de ἀντέχομαι, s’attacher à
καὶ τοῦ ἑτέρου καταφρονήσει.
et il méprisera l’autre.
Οὐ δύνασθε θεῷ δουλεύειν καὶ μαμωνᾷ.
Vous ne pouvez servir Dieu et Mamon.
δουλεύω : être esclave, servir, obéir
-
14
 Ἤκουον δὲ ταῦτα πάντα
Et  les pharisiens entendaient tout cela,
οἱ Φαρισαῖοι φιλάργυροι ὑπάρχοντες,
amis de l’argent,
ὑπάρχοντες : équivalent du verbe être au participe littéralement « étant amis de l’argent »
καὶ ἐξεμυκτήριζον αὐτόν.
et ils se moquaient de lui.
ἐξεμυκτήριζον imparfait de ἐκμυκτήριζω, se moquer de
Verbe qui dérive de μυκτήρ ῆρος (ὁ) Narine,
et au sens figuré : flair, moquerie
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15
Καὶ εἶπεν αὐτοῖς,
Et il leur dit :
Ὑμεῖς ἐστε οἱ δικαιοῦντες ἑαυτοὺς
Vous, vous êtes ceux qui se justifient eux-mêmes
ἐνώπιον τῶν ἀνθρώπων,
devant les hommes,
ὁ δὲ θεὸς γινώσκει τὰς καρδίας ὑμῶν :
mais Dieu connaît vos cœurs ;
ὅτι τὸ ἐν ἀνθρώποις ὑψηλὸν
car ce qui est élevé devant les hommes
βδέλυγμα ἐνώπιον τοῦ θεοῦ.
est une abomination devant Dieu.

 

19 mai 2018

Sam 19/05/18 Jn 21,20-25 (fin de l’évangile de Jn)

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Jn 21, 20-25
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Ecouter l’Evangile en grec : 
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Jn 21,20
Ἐπιστραφεὶς ὁ Πέτρος
Pierre, s’étant retourné,
βλέπει τὸν μαθητὴν ὃν ἠγάπα ὁ Ἰησοῦς ἀκολουθοῦντα,
voit que le disciple que Jésus aimait le suivait,
ὃς καὶ ἀνέπεσεν ἐν τῷ δείπνῳ
(qui aussi se pencha> ) celui qui aussi s’était penché pendant le souper
ἀνέπεσεν aoriste de ἀναπίπτω , se pencher
ἐπὶ τὸ στῆθος αὐτοῦ καὶ εἶπεν,
sur sa poitrine et (dit > ) avait dit :
Κύριε, τίς ἐστιν ὁ παραδιδούς σε;
  »Seigneur, qui est celui qui te livre ? « 
-
21
Τοῦτον  οὖν ἰδὼν ὁ Πέτρος λέγει τῷ Ἰησοῦ,
Pierre l’ayant vu dit  à Jésus :
Κύριε, οὗτος δὲ τί;
Seigneur, et celui-ci, (quoi ? > ) que lui arrivera-t-il ?
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22
Λέγει αὐτῷ ὁ Ἰησοῦς,
Jésus lui dit :
Ἐὰν αὐτὸν θέλω μένειν ἕως ἔρχομαι,
Si je veux qu’il demeure jusqu’à ce que je vienne,
τί πρός σε; Σὺ μοι ἀκολούθει.
(quoi à toi ? > ) que t’importe ? Toi, suis-moi.
-
23
Ἐξῆλθεν οὖν  οὗτος ὁ λόγος  εἰς τοὺς ἀδελφούς,
Cette parole sortit donc chez les frères,
ὅτι ὁ μαθητὴς ἐκεῖνος οὐκ ἀποθνῄσκει: 
que ce disciple ne mourrait pas.
Concordance en français = « mourrait » ,
mis pour le présent en grec (absence de concordance)  
οὐκ εἶπεν δὲ  αὐτῷ ὁ Ἰησοῦς,
Mais Jésus ne lui avait pas dit
ὅτι οὐκ ἀποθνῄσκει:
qu’il ne mourrait pas ;
ἀλλ’ ·
mais :
Ἐὰν αὐτὸν θέλω μένειν ἕως ἔρχομαι, [τί πρὸς σέ] ;
Si je veux qu’il demeure jusqu’à ce que je vienne, [que t'importe ?]
-
24
 Οὗτός ἐστιν ὁ μαθητὴς ὁ μαρτυρῶν περὶ τούτων,
C’est ce disciple qui témoigne de ces faits,
καὶ ὁ γράψας ταῦτα:
et qui les a écrits ;
καὶ οἴδαμεν ὅτι ἀληθής αὐτοῦ ἡ μαρτυρία ἐστίν.
et nous savons que son témoignage est vrai.
-
25
Ἔστιν δὲ καὶ ἄλλα πολλὰ  ἃ ἐποίησεν ὁ Ἰησοῦς,
[Or il est encore beaucoup d’autres choses que Jésus a faites,
ἅτινα ἐὰν γράφηται καθ’ ἕν,
qui, si elles étaient écrites une par une,
οὐδ’ αὐτὸν οἶμαι τὸν κόσμον χωρῆσαι τὰ γραφόμενα βιβλία. 
je ne pense pas que le monde lui-même pût contenir les livres écrits.
αὐτὸν : lui-même
χωρέω : contenir, faire de la place
(ici à l’infinitif aoriste, après le verbe croire : proposition infinitive)

 

6 mai 2018

Dim 06/05/18 Jn 15,9-17

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Ecouter l’Evangile en grec : 
Dans la TOB
-
Jn 15,9
-
9
Καθὼς ἠγάπησέν με ὁ πατήρ,
Comme le Père m’a aimé,
κἀγὼ  ὑμᾶς ἠγάπησα :
moi aussi je vous ai aimés ;
μείνατε ἐν τῇ ἀγάπῃ τῇ ἐμῇ.
demeurez dans mon amour.
-
10
Ἐὰν τὰς ἐντολάς μου τηρήσητε,
Si vous gardez mes commandements,
μενεῖτε ἐν τῇ ἀγάπῃ μου:
vous demeurerez dans mon amour ;
καθὼς ἐγὼ τὰς ἐντολὰς τοῦ πατρός μου τετήρηκα,
de même que j’ai gardé les commandements de mon Père,
καὶ μένω αὐτοῦ ἐν τῇ ἀγάπῃ.
et que je demeure dans son amour.
-
11
Ταῦτα λελάληκα ὑμῖν,
Je vous ai dit ces choses,
ἵνα ἡ χαρὰ ἡ ἐμὴ ἐν ὑμῖν  ᾖ 
afin que ma joie soit en vous, 
καὶ ἡ χαρὰ ὑμῶν πληρωθῇ.
et que votre joie soit rendue complète.
-
12
Αὕτη ἐστὶν ἡ ἐντολὴ ἡ ἐμή,
Voici mon commandement :
ἵνα ἀγαπᾶτε ἀλλήλους,
que vous vous aimiez les uns les autres,
καθὼς ἠγάπησα ὑμᾶς.
comme je vous ai aimés.
-
13
Μείζονα ταύτης ἀγάπην οὐδεὶς ἔχει,
Personne n’a un amour plus grand que celui-ci :
ἵνα τις τὴν ψυχὴν αὐτοῦ θῇ ὑπὲρ τῶν φίλων αὐτοῦ.
qu’on offre sa vie en faveur de ses amis.
-
14
Ὑμεῖς φίλοι μου ἐστέ,
Vous, vous êtes mes amis,
ἐὰν ποιῆτε ἃ ἐγὼ ἐντέλλομαι ὑμῖν.
si vous faites ce que moi je vous commande.
-
15
Οὐκέτι  λέγω ὑμᾶς  δούλους,
Je ne vous appelle plus serviteurs,
ὅτι ὁ δοῦλος οὐκ οἶδεν τί ποιεῖ αὐτοῦ ὁ κύριος:
parce que le serviteur ne sait pas ce que fait son maître ;
ὑμᾶς δὲ εἴρηκα φίλους,
mais je vous ai appelés amis,
ὅτι πάντα ἃ ἤκουσα παρὰ τοῦ πατρός μου
parce que toutes les choses que j’ai entendues de mon Père.
ἐγνώρισα ὑμῖν.
 je vous les ai fait connaître.
-
16
Οὐχ ὑμεῖς με ἐξελέξασθε,
Ce n’est pas vous qui m’avez choisi ;
ἀλλ’ ἐγὼ ἐξελεξάμην ὑμᾶς,
mais c’est moi qui vous ai choisis
καὶ ἔθηκα ὑμᾶς,
et qui vous ai institués,
ἵνα ὑμεῖς ὑπάγητε καὶ καρπὸν φέρητε,
afin que vous alliez et que vous portiez du fruit,
καὶ ὁ καρπὸς ὑμῶν μένῃ:
et que votre fruit demeure ;
ἵνα ὅ τι ἂν αἰτήσητε τὸν πατέρα ἐν τῷ ὀνόματί μου,
afin que tout ce que vous demanderez au Père en mon nom,
δῷ ὑμῖν.
il vous le donne.
-
17
Ταῦτα ἐντέλλομαι ὑμῖν,
Je vous commande ces choses :
ἵνα ἀγαπᾶτε ἀλλήλους.
 que vous vous aimiez les uns les autres.
-
Avec commentaire des versets (vocabulaire, grammaire) : 
-
Jn 15,9
-
9
Καθὼς ἠγάπησέν με ὁ πατήρ,
Comme le Père m’a aimé,
κἀγὼ  ὑμᾶς ἠγάπησα :
moi aussi je vous ai aimés ;
μείνατε ἐν τῇ ἀγάπῃ τῇ ἐμῇ.
demeurez dans mon amour.
Καθὼς : de même que , comme : 
souvent employé dans l’évangile de Jean
tout spécialement quand il s’agit des actions et paroles de Jésus.
κἀγὼ : moi aussi (crase).
Injonction à l’impératif : μείνατε demeurez
Même racine que , μόνη : demeure, logement
-
10
Ἐὰν τὰς ἐντολάς μου τηρήσητε,
Si vous gardez mes commandements,
μενεῖτε ἐν τῇ ἀγάπῃ μου:
vous demeurerez dans mon amour ;
μενεῖτε : 2 è pl. futur de μείνω, rester, demeurer
καθὼς ἐγὼ τὰς ἐντολὰς τοῦ πατρός μου τετήρηκα,
de même que j’ai gardé les commandements de mon Père,
τετήρηκα 1è sg de l’indicatif parfait de τηρέω : garder
καὶ μένω αὐτοῦ ἐν τῇ ἀγάπῃ.
et que je demeure dans son amour.
Dans ce verset : 3 verbes « clés » de cette péricope  :
(et de tout le « discours d’adieu » de Jésus à ses disciples
Jn 13,31 à  17)  
ἀγαπάω, aimer >  μένω : rester, demeurer > τηρέω , garder.   
-
11
Ταῦτα λελάληκα ὑμῖν,
Je vous ai dit ces choses,
ἵνα ἡ χαρὰ ἡ ἐμὴ ἐν ὑμῖν  ᾖ 
afin que ma joie soit en vous, 
καὶ ἡ χαρὰ ὑμῶν πληρωθῇ.
et que votre joie soit accomplie.
λελάληκα : parfait , temps de ce qui est accompli (Jésus part) 
Sa Passion fait place à la joie ἡ χαρὰ ἡ ἐμὴ : ma joie
joie qui se transmet : ἡ χαρὰ ὑμῶν, votre joie. 
Le discours d’adieu annonce paradoxalement la joie.
(Dans l’Antiquité : on trouve dans la littérature ce type de discours : 
avec annonce de la mort prochaine, ce que la personne laisse en héritage, 
désignation de ses successeurs… )
πληρωθῇ aoriste passif de πληρόω, remplir, être complet : 
verbe souvent employé
(par ex. dans l’expression : pour que l’ Ecriture soit accomplie)
-
12
Αὕτη ἐστὶν ἡ ἐντολὴ ἡ ἐμή,
Voici mon commandement :
ἵνα ἀγαπᾶτε ἀλλήλους,
que vous vous aimiez les uns les autres,
καθὼς ἠγάπησα ὑμᾶς.
comme je vous ai aimés.
ἀγαπᾶτε ἀλλήλους : les uns les autres
(pronom personnel de la  réciprocité)
Jésus a aimé : il n’attend pas qu’on l’aime en retour 
(« ce n’est pas vous qui m’avez choisi, c’est moi qui vous ai choisis », dit-il, verset 16)
mais que les hommes s’aiment les uns les autres. 
C’est ce qu’il laisse à ses disciples : désignés par : « vous » ὑμᾶς. 
« ὑμᾶς ἠγάπησα »
-
13
Μείζονα ταύτης ἀγάπην οὐδεὶς ἔχει,
Personne n’a un amour plus grand que celui-ci :
ἵνα τις τὴν ψυχὴν αὐτοῦ θῇ ὑπὲρ τῶν φίλων αὐτοῦ.
qu’on offre sa vie en faveur de ses amis.
 = TOB : 
Nul n’a d’amour plus grand que celui qui se dessaisit de sa vie pour … 
-
Au verset 13 : ce n’est plus « vous » mais  τις (quelqu’un , on )
le destinataire des paroles de Jésus : 
tout homme. 
τῶν φίλων : « (pour) ses amis », repris au v. 15 : vous êtes mes amis, 
annonce du don de sa Vie pour ses amis,
pour qu’ils aient en eux la joie et non la mort.
-
14
Ὑμεῖς φίλοι μου ἐστέ,
Vous, vous êtes mes amis,
ἐὰν ποιῆτε ἃ ἐγὼ ἐντέλλομαι ὑμῖν.
si vous faites ce que moi je vous commande.
Système hypothétique au présent de l’indicatif : faits réels 
ποιῆτε : verbe « faire » (subjonctif présent) important , 
cf. « Faites ceci… » lavement des pieds chapitre préc. 
-
15
Οὐκέτι  λέγω ὑμᾶς  δούλους,
Je ne vous appelle plus serviteurs,
ne…plus + présent de l’indicatif (λέγω )
(déjà le présent du Ressuscité, une adresse à tout lecteur pour l’évangéliste ?) 
ὅτι ὁ δοῦλος οὐκ οἶδεν τί ποιεῖ αὐτοῦ ὁ κύριος:
parce que le serviteur ne sait pas ce que fait son maître ;
ὑμᾶς δὲ εἴρηκα φίλους,
mais je vous ai appelés amis,
emploi du parfait : résultat présent, continuité avec le présent. 
ὅτι πάντα ἃ ἤκουσα παρὰ τοῦ πατρός μου
toutes les choses que j’ai entendues de mon Père.
ἐγνώρισα ὑμῖν.
 je vous les ai fait connaître.
aoriste de γνωρίζω : faire connaître
C’est parce qu’il a l’amour en lui que l’homme connaît
(cela vient de la présence intérieure du Christ)
-
16
Οὐχ ὑμεῖς με ἐξελέξασθε,
Ce n’est pas vous qui m’avez choisi ;
 ἐξελέξασθε : 2è pl. de ἐκλέγομαι : choisir, élire
ἀλλ’ ἐγὼ ἐξελεξάμην ὑμᾶς,
mais c’est moi qui vous ai choisis
καὶ ἔθηκα ὑμᾶς,
et qui vous ai établis,
ἔθηκα : 1è sg. aoriste de l’indicatif de τίθημι
placer (dans une charge) , instituer
ἵνα ὑμεῖς ὑπάγητε καὶ καρπὸν φέρητε,
afin que vous alliez et que vous portiez du fruit,
ὑπάγητε, subjonctif présent de ὑπάγω, 
souvent employé avec Jésus pour sujet : « je m’en vais « , ici 2è pers. du pl. 
(Transmission aux disciples) 
καὶ ὁ καρπὸς ὑμῶν μένῃ:
et que votre fruit demeure ;
ἵνα ὅ τι ἂν αἰτήσητε τὸν πατέρα ἐν τῷ ὀνόματί μου,
afin que tout ce que vous demanderez au Père en mon nom,
δῷ ὑμῖν.
il vous le donne.
ὅ τι ἂν αἰτήσητε « ce que vous demanderez » emploi du subjonctif avec ἂν : 
équivaut à « à chaque fois que vous demanderez », ici évocation de la prière.
Verbe donner : l’amour est un don de Dieu,
c’est lui qui aime quand l’homme aime (cf. les mots clés)
Dieu source de l’amour, Jésus qui transmet : cf.ἐν τῷ ὀνόματί μου.
-
17
Ταῦτα ἐντέλλομαι ὑμῖν,
Je vous commande ces choses :
ἵνα ἀγαπᾶτε ἀλλήλους.
 que vous vous aimiez les uns les autres.
τὰς ἐντολάς v. 12 répété plusieurs fois, 
 ἐντέλλομαι : commander (mot de même racine)
Verset 9 : Dieu a aimé en premier, Jésus a aimé les hommes. 
verset 17 : ce n’est pas un « commandement éthique »
mais parce que l’homme a cet amour en lui
(ἐν τῇ ἀγάπῃ τῇ ἐμῇ , v.9) 
(et « c’est moi qui vous ai choisis » ) 
il peut aimer en retour.

 

 

11 mars 2018

Dim 11/03/18 Jn3, 14-21

Classé dans : au fil des jours — evangilegrec @ 0 h 01 min
Ecouter l’Evangile en grec :
-
Dans la TOB
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Jn 3,14-21
14
Καὶ καθὼς  Μωϋσῆς ὕψωσεν τὸν ὄφιν ἐν τῇ ἐρήμῳ,
Et de même que Moïse éleva le serpent dans le désert
οὕτως ὑψωθῆναι δεῖ τὸν υἱὸν τοῦ ἀνθρώπου ·
 de même il faut que le Fils de l’homme soit élevé ;
δεῖ : il faut que + proposition infinitive 
-
15
ἵνα πᾶς ὁ πιστεύων ἐν αὐτῷ
afin que tout homme qui croit en lui
 ἔχῃ ζωὴν αἰώνιον.
  ait la vie éternelle.
-
16
Οὕτως γὰρ ἠγάπησεν ὁ θεὸς τὸν κόσμον,
Car Dieu a aimé le monde à ce point ,
Οὕτως…ὥστε : en corrélation = à ce point … que 
ὥστε τὸν υἱὸν τὸν μονογενῆ ἔδωκεν,
qu’il a donné son Fils unique,
μονογενῆ adjectif à l’accusatif masc. singulier,
formé ainsi : μονογενἠς, ές : 
μονος (unique) + racine γεν
(qu’on trouve dans  γίνομαι (naître) γένος (descendance…)
τὸν υἱὸν τὸν μονογενῆ : construction classique de l’adjectif épithète ,
répétition de l’article devant l’adjectif.
(il n’y a pas de raison de traduire par son fils, l’unique, mais on peut traduire  par : son fils (né) unique)
ἵνα πᾶς ὁ πιστεύων εἰς αὐτὸν μὴ ἀπόληται,
afin que tout homme qui croit en lui ne périsse pas
ἀλλ’ ἔχῃ ζωὴν αἰώνιον.
mais qu’il ait la vie éternelle.
-
17
Οὐ γὰρ ἀπέστειλεν ὁ θεὸς τὸν υἱὸν εἰς τὸν κόσμον
Car Dieu n’a pas envoyé          son fils  dans le monde
ἵνα κρίνῃ τὸν κόσμον,
pour qu’il juge le monde ;
ἀλλ’ ἵνα σωθῇ ὁ κόσμος δι’ αὐτοῦ.
mais pour que le monde soit sauvé par lui.
-
18
Ὁ πιστεύων εἰς αὐτὸν οὐ κρίνεται:
Celui qui croit en lui      n’est pas jugé ;
ὁ δὲ μὴ πιστεύων ἤδη κέκριται,
mais celui qui ne croit pas est déjà jugé,
κρίνεται : présent passif 
 κέκριται : parfait passif 
ἤδη : adverbe : déjà
ὅτι μὴ πεπίστευκεν εἰς τὸ ὄνομα τοῦ μονογενοῦς υἱοῦ τοῦ θεοῦ.
 parce qu’il n’a pas cru au nom du Fils unique de Dieu.
-
19
Αὕτη δέ ἐστιν ἡ κρίσις, ὅτι
Et voici le jugement :
τὸ φῶς ἐλήλυθεν εἰς τὸν κόσμον,
c’est que la lumière est venue dans le monde,
καὶ ἠγάπησαν οἱ ἄνθρωποι μᾶλλον τὸ σκότος ἢ τὸ φῶς ·
et que les hommes ont mieux aimé les ténèbres que la lumière ;
ἦν γὰρ  αὐτῶν πονηρὰ τὰ ἔργα.
car leurs œuvres étaient mauvaises.
-
20
Πᾶς γὰρ ὁ φαῦλα πράσσων
Car tout homme qui fait le mal,
φαῦλα : neutre pluriel, adjectif substantivé : des choses mauvaises
μισεῖ τὸ φῶς,
hait la lumière
καὶ οὐκ ἔρχεται πρὸς τὸ φῶς,
et ne vient pas à la lumière,
ἵνα μὴ ἐλεγχθῇ τὰ ἔργα αὐτοῦ.
de peur que ses œuvres ne soient blâmées.
ἐλεγχθῇ : subjonctif aoriste passif de ἐλέγχω :
convaincre d’une faute, blâmer, corriger
-
21
Ὁ δὲ ποιῶν τὴν ἀλήθειαν
Mais celui qui pratique la vérité,
ἔρχεται πρὸς τὸ φῶς,
vient à la lumière,
ἵνα φανερωθῇ αὐτοῦ τὰ ἔργα,
afin que ses œuvres soient manifestées,
ὅτι ἐν θεῷ ἐστιν εἰργασμένα.
parce qu’elles sont travaillées en Dieu.
εἰργασμένα :  participe parfait passif de ἐργάζομαι :
travailler, faire, effectuer, produire
τὰ ἔργα les oeuvres (neutre pluriel) et ἐργάζομαι, (travailler)
sont formés sur la même racine 
φῶς (lumière) et φανερόω (manifester) sont formé sur la même racine
qui renvoie à l’idée de lumière

 

25 novembre 2017

Frère, ἀδελφός (adelphos)

Classé dans : — evangilegrec @ 10 h 08 min

Frère = ἀδελφός

Pour la question : « Jésus avait-il des frères et des soeurs ?  » :

Voir  Jésus L’Encyclopédie, article de J.P. LEMONON :

p.153 et s.

-

I. Le mot 

1.Etymologie du mot :

-

Etymologiquement, le terme : ἀδελφός est composé de ἁ, dit « copulatif »♦

et d’un radical qui désigne le sein de la mère : (ἡ δελφύς, ύος le sein) .

Le terme signifie donc issu du même sein.

♦ἀ « copulatif » : une racine indo-européenne signifiant « un seul » qui a donné

en latin : sem , par exemple dans  semel, « en une seule fois ».

et  en grec ἁ ou ἀ , comme dans le mot ἀδελφός : ἀ – δελφός :

d’un seul et même sein.

Cf. M LEJEUNE Phonétique historique du Mycénien et du grec ancien (Klincksieck, 1987) §82.

Chantraine (cf. bibliographie) note que

le terme porte la marque des sociétés matriarcales,

où  l’ on est frère par la mère.

Il explique que le mot existe depuis Homère jusqu’à aujourd’hui,

mais qu’un vieux terme  φρατήρ existait, auquel s’est substitué ἀδελφός,

quand φρατήρ s’est spécialisé au sens religieux, uniquement.

Dans le monde achéen et éolien on a le mot κασίγνητος

désignant à la fois « frère » et « cousin ».

on trouve ἀδελφίζω en attique « considérer comme un frère »

et il existe de nombreux composés à partir du mot ἀδελφός.

« Le terme a pris une grande place dans le christianisme »

dit Chantraine (18 op. cité)

C’est ce que nous allons mettre en évidence.

Mais nous faisons un détour par le Premier Testament

qui ne peut être séparé du Deuxième.

-

2. Dans la Septante :

-

Dans le premier Testament,

dans la version de la Septante , le mot ἀδελφός est employé

pour traduire le mot hébreu qui désigne le frère au sens strict du terme,

et une fois, de façon sûre,

le mot désigne un cousin :

 καὶ ἔλαβον αὐτὰς υἱοὶ Κις ἀδελφοὶ αὐτῶν.

Et les fils de Cis, leurs frères, les prirent pour femmes.

(1Ch23,21-22)

Alors qu’en hébreu,

le mot « frère » désigne aussi bien « frère » que « cousin »,

ou frère dans l’Alliance.

-

II. Le poids du mot dans la Bible :

A l’origine,  tous les hommes descendent d’un même Père

(début de la Genèse)

puis un frère tue son  frère :  Caïn tue Abel.

1. Le Premier Testament

retrace la tentative des hommes pour restaurer cette fraternité blessée : 

Jacob se réconcilie avec Esaü ( Gn.33,4) :

« Et Esaü courut à sa rencontre, l’embrassa,

se jeta à son cou et lui donna un baiser,

et ils pleurèrent ».

Et plus loin nous lisons :

εἶπεν δὲ Ησαυ Ἔστιν μοι πολλά, ἄδελφε· ἔστω σοι τὰ σά.

J’ai de grandes possessions, frère, garde tes biens pour toi.

(Gn 33, 9).

Joseph, lui,  pardonne à ses frères et embrasse Benjamin :

καὶ ἐπιπεσὼν ἐπὶ τὸν τράχηλον Βενιαμιν τοῦ ἀδελφοῦ αὐτοῦ ἔκλαυσεν ἐπ αὐτῷ,

et se jetant au cou de Benjamin, son frère, il pleura sur lui.

  (Gn 45,14) 

Mais les Prophètes rappellent que cet amour fraternel est difficile :

ἄνθρωπος τὸν ἀδελφὸν αὐτοῦ οὐκ ἐλεήσει

l’homme n’aura pas pitié de son frère

(sens général, ici)

Es 9,18

Israël est marqué par des guerres fratricides.

-

2. Dans le Nouveau Testament,

Jésus a des frères et des soeurs (Mc 6,3).

Paul qui emploie aussi le terme d’adelphos,

connaissait un terme grec qui désignait le cousin,

aurait-il pu employer le terme adelphos pour cousin ?

C’est la tradition des auteurs grecs et latins,

notamment Tertullien,

très méfiant vis-à-vis de la sexualité, qui a introduit l’idée

selon laquelle adelphos, frère ne pouvait que désigner cousin.

Voir à ce sujet :

L’Encyclopédie Jésus, p.152, article de Jean-Pierre Lémonon.

On peut dire également que

le mot grec ἀδελφός  »frère » désigne plus que le frère au sens strictement familial :

Le Nouveau Testament annonce :

que c’est par la foi en Christ ressuscité que les hommes sont frères.

Il ne s’agit pas d’une fraternité philosophique : « nous sommes tous frères »,

mais d’une fraternité dans la foi. :

Καὶ ἐκτείνας τὴν χεῖρα αὐτοῦ ἐπὶ τοὺς μαθητὰς αὐτοῦ εἶπεν,

Ἰδού, ἡ μήτηρ μου καὶ οἱ ἀδελφοί μου.

« Puis il étendit la main sur ses disciples et dit :

voici ma mère et mes frères. »

Mt 12,46-50

Ὅστις γὰρ ἂν ποιήσῃ τὸ θέλημα τοῦ πατρός μου τοῦ ἐν οὐρανοῖς,

αὐτός μου ἀδελφὸς καὶ ἀδελφὴ καὶ μήτηρ ἐστίν ».

Car quiconque fait la volonté de mon père qui est dans les cieux,

celui-là est mon frère et ma soeur et ma mère.

Mt 28,10

Jésus désigne les disciples comme ses frères :

ὑπάγετε, ἀπαγγείλατε τοῖς ἀδελφοῖς μου ἵνα ἀπέλθωσιν εἰς τὴν Γαλιλαίαν

Allez, annoncez à mes frères de se rendre en Galilée…

 πορεύου δὲ πρὸς τοὺς ἀδελφούς μου :

va trouver mes frères. (Jn 20,17)

Les Actes des Apôtres montre que tous sont  unis dans le Christ

après la Résurrection, quelle que soit leur origine .

L’amour de l’autre est situé à l’opposé de l’attitude de celle de Caïn.

Caïn est jaloux, cette jalousie est une mort,

l’amour de l’autre est résurrection :

ἡμεῖς οἴδαμεν ὅτι μεταβεβήκαμεν ἐκ τοῦ θανάτου εἰς τὴν ζωήν,

Nous, nous savons que nous sommes passés de la mort à la vie,

ὅτι ἀγαπῶμεν τοὺς ἀδελφούς.

parce que nous aimons nos frères.

(1 jn3.16)

Dans la première épître de Jean, on peut encore lire :

Ὁ λέγων ἐν τῷ φωτὶ εἶναι

Celui qui dit qu’il est dans la lumière

καὶ τὸν ἀδελφὸν αὐτοῦ μισῶν,

et qui hait son frère 

ἐν τῇ σκοτίᾳ ἐστὶν ἕως ἄρτι♦.

est jusqu’à présent dans les ténèbres.

Ὁ ἀγαπῶν τὸν ἀδελφὸν αὐτοῦ ἐν τῷ φωτμένει,

Celui qui aime son frère demeure dans la lumière

(1 Jn2,9-12 )

-

3. Aimer son frère :

-

En gras :  »celui qui dit » / « celui qui aime » :

-le parallèle exact de la syntaxe (participes substantivés)

-la construction en chiasme de la phrase grecque :

ἐν τῷ φωτὶ εἶναι  en 2è position dans la 1è proposition

et ἐν τῇ σκοτίᾳ ἐστὶν : en premier, dans la 2è.

-Ὁ ἀγαπῶν « celui qui aime » mis en valeur à la fin  et associé à

« μένει », verbe « demeurer »♦ :

Tout cela montre l’importance de l’amour pour son frère,

amour qui est amour en Christ, et qui relie le Père et ses enfants :

d’où les expressions :

Notre Père, et de l’homme à l’homme : nos frères.

Aimer son frère est source de vie.

-

Petite conclusion : Amour / Frère :

Le frère ἀδελφός, nourri au sein d’une même mère (étymologie)

est celui qui est nourri d’un même amour…

Frère au sens nourricier ce n’est pas frère biologique,

c’est d’abord frère d’adoption :

un même amour nourrit les frères (et les soeurs)

Amour maternel, paternel, source…

Saint Augustin le redit autrement :

Dilige et quod vis fac,

Aime et fais ce que tu veux,

la seconde injonction apparaissant

comme la conséquence logique

de la première.

L’image familiale comme image de la relation humaine

invite aussi  à la réflexion…

___________________________________

Note :

♦ ἕως ἄρτι : jusqu’à présent : rien n’est irréversible ,

celui qui n’aime pas peut changer ! (les ténèbres devenir lumière)

Alors que l’amour est solide.

cf. verbe demeurer 

♦Aimer et demeurer :

Plus loin dans (1Jn2) on peut lire « la parole de Dieu demeure en vous »

(même verbe)

Le verbe demeurer est décliné dans la suite du chapitre :

Ἐὰν ἐν ὑμῖν μείνῃ ὃ ἀπ’ ἀρχῆς ἠκούσατε,

καὶ ὑμεῖς ἐν τῷ υἱῷ καὶ ἐν τῷ πατρὶ μενεῖτε

si ce que vous avez entendu dès le commencement demeure en vous 

vous demeurerez vous aussi dans le père et dans le Fils. (1J2.24)

BIBLIOGRAPHIE :

article « Frère » X.-L. DUFOUR (dir.) Vocabulaire de Théologie biblique

J. DORE (dir.) Jésus, l’Encyclopédie

 

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